Pr3m13r Ch4p1tr3 N°1 : Time Paradox Ghostwriter

Dans la plupart des cas, un manga doit être marquant dès son premier chapitre, qui est souvent l’un des moments les plus intéressant de l’oeuvre. Un premier chapitre doit réussir à nous introduire un univers, des personnages et commencer le scénario. Dans cette nouvelle chronique 100% manga, nous allons donc nous intéresser aux premiers chapitres. Aujourd’hui, on commence avec la meilleure nouveauté du Jump de cette année, Time Paradox Ghostwriter.

Etant donné qu’il s’agit du premier épisode de cette chronique, je dois donc vous expliquer son fonctionnement. Je vais donc me concentrer sur l’analyse des informations que nous apporte ce premier chapitre avant de juger si pour moi, il s’agit d’une bonne introduction ou non. Time Paradox Ghostwriter est encore à ce jour un manga très court, avec uniquement 7 chapitres. Je ne traiterais de comment les éléments introduits évoluent, bien que je pense que je pourrai le faire à l’avenir.

Enfin, cette chronique servira avant tout de chronique ayant pour but de vous présenter des mangas, j’essayerai donc d’aller chercher assez loin dans mes souvenirs pour vous présenter des mangas. Mais vous pouvez tout de même me proposer des mangas dont vous aimeriez voir dans cette chronique, que ce soit en commentaire de cet article ou en me mentionnant sur Twitter. Bien, sur ce, commençons !

Time Paradox Ghostwriter, la nouvelle série du Jump en trailer! | Gaak

Time Paradox Ghostwriter est donc un manga écrit par Kenji Ichima et dessiné par Tsunehiro Date. Il a commencé dans le Jump #24 de 2020, soit il y a quasiment 2 mois. Ce premier chapitre fait donc 54 pages, la durée standard pour une nouveauté du Jump. Ce manga a déjà tapé dans l’oeil de pas mal de personnes du public occidental, il faudra attendre le classement de cette semaine pour savoir si les japonais ont également apprécié ce premier chapitre.

Le premier élément qui nous est introduit dans le premier chapitre de Time Paradox Ghostwriter est bien évidemment le protagoniste. Sasaki Teppei apparaît donc comme protagoniste de ce manga. Âgé de 24 ans, il s’agit d’un jeune homme cherchant à devenir mangaka. Si il a déjà obtenu un prix de jeune auteur, il n’arrive pas à publier un one-shot, et va constamment voir son responsable éditorial afin de lui proposer des histoires, qui ont toutes été refusées.

Le personnage nous est introduit d’une façon très intéressante, étant donné qu’on ne le voit pas directement en entier. On voit d’abord la main droite de Sasaki qui attrape un ballon en forme d’étoile. En même temps, le narrateur fait un monologue sur le fait de réaliser son rêve, et que seul quelques personnes y sont parvenues. Il utilise les termes « en s’imaginant pouvoir saisir une étoile » afin de désigner le rêve, hors Sasaki cherche justement à attraper un ballon étoile.

Il est clair qu’ici, l’idée est de nous faire penser que Sasaki a déjà atteint son rêve de devenir mangaka, et c’est ce qu’il laisse penser, en disant qu’il a rendez-vous avec son éditeur éditorial. Cependant, il fait une chute et tombe de l’arbre sur lequel il était monté afin de récupérer le ballon. Il récupère quelques égratignures au passage. On peut interpréter ce passage comme le « retour à la réalité » de Sasaki : il cherche à atteindre son rêve mais il n’y est pas encore. Cependant, il fera tout pour atteindre son objectif, quitte à se blesser. C’est donc là que se finit l’introduction du personnage de Sasaki, qui file à son rendez-vous avec son responsable éditorial.

Le second personnage à être introduit est le responsable éditorial de Sasaki. Je n’aurai pas grand chose à dire sur lui, étant donné qu’il fait surtout office de personnage qui bloque Sasaki au stade du début du chapitre 1. En gros, le responsable éditorial est responsable du statu quo du chapitre 1 de Time Paradox Ghostwriter. Cependant, un statu quo au début d’une oeuvre, une situation initiale quoi, est forcément amenée à changer. Donc ce personnage va peu à peu disparaître au fur et à mesure de ce premier chapitre, même si il est intéressant en tant que 1ère motivation de Sasaki : entendre de la bouche de son responsable éditorial que son manga est intéressant.

J’aimerais aborder un autre point avant de m’intéresser au reste de l’analyse du chapitre : les dessins.

Ce qui est également intéressent à remarquer, c’est que dès que le personnage du responsable éditorial apparaît, les décors sont bien plus sombres, là où quand uniquement Sasaki est présent, les décors sont généralement bien plus clairs. Globalement les dessins de ce premier chapitre sont agréables à regarder. Ce n’est pas exceptionnel non plus, mais c’est dans la moyenne haute.

On sent que Date a déjà eu de l’expérience en tant que mangaka du Jump. Pour l’anecdote, il est derrière 2 échecs du Jump : Cross Account, publié en 2017 et compilé en 4 volumes et Tokyo Wonders Boys, publié un énorme échec. C’était un tel échec que ce manga s’est compilé en un seul volume… En espérant que Time Paradox Ghostwriter ne suive pas le même destin…

La seconde moitié du premier chapitre se concentre sur le personnage de Sasaki qui a essuyé ce qui semble être l’échec de trop. Il rentre chez lui, désespéré, et s’apprête à lâcher l’affaire quand…

La foudre s’abat sur son micro-onde et son frigo. C’est ici que le titre de la série prend tout son sens. Sasaki va commencer à recevoir des Jumps issus de l’année 2030. Cependant, il croit tout d’abord qu’il s’agit d’un rêve et il va recopier le manga « White Knight » d’Aino Itsuki, issu de ce Jump de 2030, en pensant que c’est son subconscient qui l’a crée dans son fameux rêve.

Il va présenter le manga à la Shueisha. Il est refusé par son responsable éditorial, mais accepté par l’éditeur en chef. Le chapitre se finit sur l’Aino Itsuki de 2020, qui travaille déjà sur White Knight, qui découvre que Sasaki a publié une version one-shot de White Knight dans le Jump.

Ce premier chapitre de Time Paradox Ghostwriter pose donc des bases très intéressantes pour la suite de la série :

  • Sasaki va inconsciemment continuer d’écrire White Knight, en pensant encore que le manga est issu de ses rêves, jusqu’à qu’il remarque que son micro onde lui envoie bien des Jumps du futur
  • De son côté, Itsuki va probablement chercher à rentrer en contact avec Sasaki afin de s’expliquer avec lui.

Le scénario n’est pas trop rapide ni trop lent, il sait ce qu’il a à faire et il le fait. C’est un vrai plaisir de voir un premier chapitre en pleine possession de ses moyens, qui se conclut là où il faut et qui n’essaye pas d’en faire trop afin de garder du contenu sous le coude pour la suite.

Dans son ensemble, l’introduction de Time Paradox Ghostwriter est de mon point de vue très réussie. Le chara design est intéressant, avec un protagoniste qui semble « banal » en comparaison avec l’héroïne.

De même, le scénario part sur de très bonnes bases et nous promet une suite plus qu’intéressante.
Le seul reproche que je pourrais faire serait à adresser au protagoniste, avec qui j’ai du mal à la fin de cette lecture. Mais qui sait, peut-être que la suite pourra changer ça ?

Je vous remercie d’avoir lu le premier épisode de cette nouvelle chronique. Elle me trottait dans la tête depuis pas mal de temps, et elle est passée par plusieurs formes avant d’arriver dans celle-ci, qui me convient bien plus ! Pour vous dire, à la base je voulais faire une chronique sur les boss finaux de jeux vidéo, avant de basculer sur l’analyse des premiers niveaux… Puis de fil en aiguille, j’ai totalement changé de registre en gardant l’idée d’analyse du début, pour créer Pr3m13r Ch3p1tr3. Cette chronique sera bi-mensuelle et fonctionnera en tandem avec les Personnalitay. Oui, les Top M’en 5 ne seront plus inclus dedans et ils vont disparaître.

Enfin, je vous en parlerais plus en détail après-demain, dans le bilan de ce mois de juin qui annonce des grand changements ! Bonne soirée à vous, et à demain !