Analytique N°22 : L’état du Jump en 2020

Bonjour à tous et bienvenue dans une Analytique assez courte que je n’avais pas prévu de faire, mais au vu des dernières rumeurs (fin d’Haikyû!!) et des derniers événements (fins de TPN et de Demon Slayer), je ne pouvais pas rester dans mon coin, surtout quand il s’agit d’un magazine cher à mes yeux. Bien, parlons de si oui ou non, le Jump est en déclin.


2020, une année de transition ?

Bien, je ne vais pas vous faire l’affront de vous présenter le Weekly Shônen Jump, j’ai réalisé un article dessus il y a quelques mois, il a même eu une refonte récemment. Aujourd’hui, on va s’intéresser à l’état de ce magazine en 2020. Je vous invite également à aller lire mon article bilan du 1er semestre du Jump. Aujourd’hui, on va uniquement s’intéresser à l’état du Jump en 2020, et pourquoi je le trouve plus qu’alarmant.

JP] Weekly Shonen Jump 2020 12 – Weekly Shonen Jump

Le Jump en 2020 est dans une situation assez… Particulière. Globalement, on sent que le vent commence à tourner, et qu’une ère touche à sa fin. Pour appuyer ces propos, je vous propose de jeter un oeil aux mangas qui ont pris fin depuis le début de l’année 2020 :

  • Beast Children dans le Jump #1
  • Tokyo Shinobi Squad dans le Jump #2
  • Samurai 8 dans le Jump #17
  • ZIPMAN!! dans le Jump #19
  • Demon Slayer dans le Jump #24
  • Yuna de la Pension Yuragi dans le Jump #27
  • The Promised Neverland dans le Jump #28
  • Guardian of the Witch dans le Jump #29

8 mangas qui ont pris fin en moins de 30 numéros, soit quasiment un manga tout les 3 numéros. Même en enlevant Beast Children et Tokyo Shinobi Squad, dont l’avenir était déjà scellé, on arrive à une moyenne d’une fin tout les 5 numéros. C’est énorme ! Le pire, c’est que parmi ces 8 mangas, 3 sont des piliers du Jump, qui ont connus une très belle vie :

  • Yuna de la Pension Yuragi : premier ecchi à s’imposer dans le magazine depuis longtemps. 3,6 millions de copies imprimées en 19 volumes, un très joli score pour un manga du genre
  • The Promised Neverland : OVNI du magazine qui aura énormément fait parler de lui tout au long de sa vie. 21 millions de copies imprimées en 19 volumes également.
  • Demon Slayer : nekketsu qui aura réussi à égaler One Piece. 80 millions en 21 volumes et ça va continuer de monter.

Jusque-là encore, rien d’alarmant. Certes le Jump perd le seul manga capable d’égaler One Piece, mais bon. Le magazine a su rebondir après la fin quasi-simultanée de Yu Yu Hakusho, Dragon Ball et Slam Dunk. Cependant, là où je trouve que le Jump agit d’une manière assez étrange, c’est dans le traitement vis-à-vis de ses nouveautés et justement on va parler de ces fameuses nouveautés.


2020, ou comment rire avec la Shueisha

Le Shonen Jump s'enrichit de 3 nouvelles séries! | Gaak

Encore, que des mangas marquants du Jump partent, pourquoi pas. Leur départ quasi-simultané est un concours de circonstances, et c’est déjà arrivé plusieurs fois par le passé. Par contre, qu’une grosse partie des nouveautés soient des comédies, genre qui n’est pas voué à se vendre énormément, là je bloque. Pour faire simple, voici la liste des nouveautés lancées depuis début 2020 :

  • ZIPMAN!!
  • Agravity Boys
  • Undead Unluck
  • MASHLE
  • Guardian of the Witch
  • Moriking
  • Bone Collection
  • Time Paradox Ghostwriter
  • Ayakashi Triangle
  • God of Destruction Magu-chan
  • Hard-Boiled Cop and Dolphin
  • Me & Roboko

Première chose qu’il est intéressante de remarquer : le nombre de nouveautés lancées. Depuis le N°1 de 2020, 12 nouveautés ont fait leurs débuts dans le magazine, alors que généralement on tourne autour d’une quinzaine de nouveautés par an. Et avec Burn the Witch, prochain manga de Tite Kubo, qui devrait arriver cet été avec d’autres nouveaux, on tournerai déjà autour de 15. Alors oui, ça n’indique rien, mais on a l’impression que la Shueisha balance les mangas qui lui passent sous la main sans idée précise.

Généralement, un manga arrive pour remplir un « rôle » dans le magazine. C’est pour ça qu’on a toujours un manga de shogi ou un manga de go tout les 2-3 ans, car la Shueisha espère reproduire un succès à la Hikaru no Go (on a par exemple eu Momiji no Kisetsu ou Double Taisei dans ces genres là). On a parfois aussi une romcom, un ecchi ou un manga plus marginal qui se rapproche de ça (Cross Account, Alice to Taiyo ou Ayakashi Triangle justement). Sauf que là, c’est du grand n’importe quoi.

Sur ces 12 nouveautés, 5 sont des comédies pures et dures (Agravity Boys, Moriking, God of Destruction, Hard-Boiled Cop et Me & Roboko). On peut y ajouter MASHLE et Undead Unluck qui sont un peu des shônen façon Gintama mi-action mi-comédie. Je pourrais aussi inclure Ayakashi Triangle, qui de par son statut d’ecchi va forcément inclure de la comédie, mais je m’en passerais.

Le 1er chapitre de Mitama Security est disponible dans le Weekly ...

On est donc à 5 comédies pures lancées depuis début 2020. Si on ajoute Mitama Security et Yozakura, commencés fin 2019, on arrive à 7 comédies lancées en environ 8 mois. Et on arrive dans le point que je ne comprend pas.

Pourquoi, dans une période où les « blockbusters » du Jump partent un à un, lancer quasiment que des comédies qui n’ont pas vocation à se vendre énormément ?

Je pense qu’on peut apporter un seul élément de réponse : la Shueisha essaye de trouver un nouveau gag manga. Habituellement, il y a toujours un gag manga en fin de magazine. Sauf que là la place est vacante depuis quasiment 1 an et demi et la fin de Shinsuki Renaissance David-kun et le transfert de Jimoto Ga Japan. Donc on peut penser que la Shueisha essaye de trouver en urgence un nouveau manga de ce style. Sauf qu’à ma connaissance, la maison d’édition n’est pas obligée de lancer que des comédies pour au final en garder une seul.

J’ai également vu certaines personnes dire que la Shueisha fait ça afin de « remonter le moral des enfants japonais suite au COVID ». D’un côté, c’est possible que ce soit vrai par rapport aux dernière nouveautés, avec 3 comédies sur 4. De l’autre, ce mouvement a commencé fin 2019, et puis ça a l’air assez irréalisable également.

Jujutsu Kaisen » et « Chainsaw Man », deux nouveaux mangas ...

D’un autre côté, il faut aussi remarquer que de moins en moins de nekketsu s’imposent dans le Jump. Le dernier vrai nekketsu à s’être imposé est Jujutsu Kaisen, qui a déjà plus de 2 ans. Depuis, seul Chainsaw-Man a réussi à se faire une place, et bien qu’ils reprenne certains codes du nekketsu… Il n’en est pas réellement un.

On est donc sur un magazine qui n’arrive plus à trouver de nekketsu marquant depuis maintenant 2 ans. C’est cocasse quand on sait que c’est sensé être le genre phare du Jump. Ne0lation, Gokutei Higuma, Tokyo Shinobi Squad, Guardian of the Witch… Tant de nekketsu qui n’auront pas réussis à convaincre. On pensera également à Samurai 8, qui rentrera dans l’histoire comme l’un des plus gros flops de l’histoire du magazine, comme quoi même un grand nom comme Kishimoto peut se foirer…

Avant de vous quitter, j’aimerais aborder un dernier point.


Des titres vieilissants

We Never Learn bientôt disponible en exclusivité sur Wakanim

Alors oui, le Jump galère à trouver de nouvelles pépites, mais après tout il a déjà des titres qui vont le soutenir non ?

Et bien… Oui et non. Globalement, les mangas du Jump sortis avant 2018 ont tous atteint leur potentiel maximal. On va donc de One Piece à Dr.STONE. My Hero Academia commence à perdre du terrain, Haikyû!! retourne petit à petit à son niveau d’antan, Black Clover dégringole et We Never Learn aussi.

On se retrouve donc avec Act-Age, Jujutsu Kaisen et Chainsaw-Man. Jujutsu Kaisen est déjà à 150k en 1ère semaine, ce qui est une excellente performance pour un manga sans anime, meilleure que ce que pouvait faire Demon Slayer par exemple.

Chainsaw-Man s’approche lui des 100k en 1ère semaine (environ 95k avec son dernier volume), il est donc sur une courbe de croissance plus rapide que celle de Jujutsu Kaisen. Il faudra voir comment il se comportera à l’avenir, même si il semble être promis à un excellent avenir.

Enfin, Act-Age commence à un peu ralentir au niveau de sa croissance, en approchant des 90k en 1ère semaine. Il faudra voir avec son 12ème volume comment ça évolue. Le titre se vend très bien pour son contenu, manga sur le cinéma, et il n’a pas vocation à se vendre autant que ses 2 collègues.

Donc oui, 3 mangas qui tournent autour des 100k en 1ère semaine et qui sont encore en progression, c’est pas mal non ? Oui, au cas par cas c’est pas mal du tout, c’est même très bon. Le problème c’est que dans l’ensemble, ces 3 mangas portent seul le futur du Jump à l’heure actuelle. Et ça, ça va forcément poser problème à l’avenir.

Donc oui, je considère que le Jump est dans une position plus que délicate. Des mangas historiques qui prennent fin un à un, des nouveautés qui peinent à convaincre et qui ont l’air d’être balancés sans plan fixe et donc des jeunes pousses qui sont de plus en plus rares… L’avenir s’annonce bien sombre.

Mais on aura l’occasion de reparler de ce sujet un jour. Merci d’avoir lu cet article, bon samedi soir à vous tous !

Critique N°35 : Act-Age tomes 1 et 2

Bonjour à tous et bienvenue dans une nouvelle critique dédiée à la nouvelle pépite de chez Ki-oon, Act-Age ! On en avait déjà parlé plusieurs fois, et nous allons aujourd’hui nous intéresser aux 2 premiers tomes.

Je vous souhaite une bonne lecture, l’article ne contiendra aucun spoiler ! Allez acheter les tomes, et rendez-vous le 27 août pour le tome 3 !


Un manga qui sait ce qu’il fait

Act-Age, Tome 1 - Livre de Shiro Usazaki,Tatsuya Matsuki

Act-Age est ce qu’on peut décrire comme un OVNI. Certes il ne bouscule pas autant le genre que The Promised Neverland, mais il apporte un vent de fraîcheur qui permet d’être déboussolé au moment de la première lecture.

Act-Age nous emmène à la rencontre de Kei Yonagi, jeune lycéenne qui cherche à gagner de l’argent afin de nourrir ses frères et sœurs. Elle s’inscrit à une audition afin d’être recrutée par l’agence Stars, qui gère les plus grandes stars du monde du cinéma. Cependant, elle perd en finale, mais est repêchée par Sumiji Kuroyama, réalisateur aussi génial qu’inconnu.

C’est le début d’une grande aventure jusqu’au sommet du monde du cinéma. Cependant le métier d’acteur ne risque-t-il pas de détruire Kei ?

Voilà comment on pourrait résumer Act-Age, et c’est globalement ce qui est marqué sur le 4ème de couverture. Le manga ne brille pas particulièrement par son scénario, même si il s’en sort très bien à ce niveau là. En 2 tomes, on est plongé dans l’univers qui nous est présenté : les différentes agences, les différents personnages, et surtout les décors qui sont juste sublimes.

Je ne dirais rien d’autre concernant le scénario d’Act-Age, car je ne spoilerais rien, mais le manga introduit peu à peu chacun des éléments qu’on devine importants pour l’évolution de Kei. Le scénariste met petit à petit en place chaque détail comme des dominos, et c’est très agréable à suivre, car on devine qu’il arrivera forcément un moment où cet alignement de domino va tomber, afin de faire avancer l’histoire.

Dès le début, on ressent que rien n’est éternel dans Act-Age, et cet aspect « éphémère » est directement introduit à travers un certain personnage, dont je ne dirais rien afin de vous garder la surprise. Le scénario d’Act-Age est donc très efficace, bien qu’il reste assez basique.

Car si Act-Age ne possède pas un scénario incroyable, il brille à travers tout le reste.


Une introduction extrêmement efficace

Act-Age Tome 02 - Dernier livre de Tatsuya Matsuki - Précommande ...

Dessins, personnages, facilitée de lecture, univers…. Act-Age brille par absolument tout le reste. Les 2 premiers tomes lancent le manga en grande pompe. Il m’est très difficile de trouver des défauts aux deux premiers tomes sur le reste des points vu comment la lecture est agréable, fluide et passionnante….

Tatsuya Matsuki et Shiro Usazaki ont réellement fait un incroyable travail concernant les personnages. Je n’utiliserai pas le terme « Les personnages sont attachants », car je le trouve incroyablement réducteur. Mais ce serait mentir que de dire qu’on ne s’attache pas aux personnages d’Act-Age.

Chacun des personnages est unique, mais ils ne sont pas tous purs et parfaits. Même Kei, qui est sensée être l’héroïne, est parfois assez égoïste et sombre. Grâce à ça, les personnages d’Act-Age deviennent uniques car ils ne sont pas des exemples de beauté, et rien ne nous garantit qu’il ne deviendront pas l’opposé de ce qu’il étaient au départ.

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Concernant les dessins et l’univers, je n’aurais rien à dire de ce côté. Pour des premiers tomes, c’est tout simplement excellent. On ressent notamment la qualité du dessin d’Usazaki avec le regard vide de Yonagi, qui contraste énormément avec les autres personnages. De même pour les décors, qui sont tous sublimes. Encore la même chanson pour l’univers de la série, très bien écrit et développé dans ces deux premiers tomes.

Notation:

Personnages: 18/20

Scénario: 16/20

Ambiance et Univers: 19/20

Dessins: 20/20

Plaisir de Lecture: 20/20

Total : 93/100 = 18,6/20

Au final Act-Age est une très très bonne surprise, de quoi très bien commencer l’année 2020. Une vraie petite pépite, un diamant brut à découvrir de toute urgence chez Ki-Oon Editions ! Des personnages profonds et complexes, des dessins magnifiques, le tout sublimé par une traduction aux petits oignons…. Le futur du shônen s’écrira avec Act-Age, qu’on le veuille ou non !