Les Lectures d’Amano N°44 : Iruma à l’école des démons T1 à T5

La hype est un concept bien étrange. Certains titres se font attendre pendant plusieurs mois avant d’arriver en France et de combler les attentes, d’autres se révèlent bien moins prometteurs que prévu et enfin, certains sortent totalement de nul part et nous charment de par leur qualité. Intéressons-nous à l’un des membres de cette troisième catégorie, avec la critique des 5 premiers tomes de Iruma à l’école des démons, disponible chez nobi nobi.


Les 7 cercles de la méconnaissance

En faisant des recherches sur cette série afin d’écrire cette critique, je me suis rendu compte à quel point ce titre est bien plus vieux que ce que j’imaginais. De son nom japonais Mairimashita! Iruma-kun, le manga est signé Osamu Nishi et est en cours dans le Weekly Shonen Champion, magazine où est par exemple né Yowamushi Pedal, toujours en cours, ou Prisonnier Riku, compilé en 38 volumes. Iruma est l’un des 2 leaders actuels du magazine, avec Yowamushi Pedal justement. Iruma est d’ailleurs le titre du Shonen Champion le plus vendu sur l’année Oricon 2020, où il est 20ème avec 1 953 083 ventes (bien qu’en grande partie aidé par son adaptation animée). Mais assez tourné autour du pot, Iruma à l’école des Démons, de quoi ça cause ? Vous connaissez la chanson, voilà le synopsis tel que trouvable tel quel :

Un jour, le jeune Iruma devient, bien malgré lui, le petit-fils adoptif d’un papy démon excentrique. Une nouvelle vie commence alors pour lui à Babyls, une école peuplée de monstres en tout genre, où personne n’a jamais vu d’humain mais tout le monde rêve d’en dévorer un ! Et entre les démons qui le défient en duel, les succubes extravagantes et les épreuves scolaires mettant sa vie en péril, Iruma ne pourra compter que sur un atout : sa gentillesse désarmante. Mais comment un humain au bon cœur va-t-il pouvoir survivre dans cet enfer ?!

Résumé du tome 1 de Iruma à l’école des Démons

Iruma est donc un manga school-life, qui s’intéresse aux péripéties quotidiennes de notre jeune protagoniste, bien trop gentil pour le monde qui l’entoure. Et… voilà comment on pourrait résumer le scénario qui nous est présenté dans ce tome 1. On retrouve certes un arc majeur, que je ne spoilerais pas bien évidemment, mais le scénario reste à mon sens le gros point faible d’Iruma à l’école des Démons. Point faible qu’il compense bien heureusement autre part, mais qui reste malgré tout présent, vu que le manga essaye de s’accrocher à un statu quo, en introduisant pas mal d’éléments pouvant être sources de grands changements dans le futur, mais une telle stabilité scénaristique sur le début de la série est à mon sens assez décevant. Le manga a toute les cartes en main pour faire de son scénario quelque chose de grandiose, mais en l’état, impossible de ne pas trouver sa relative lenteur narrative assez décevante…


Un casting beau à mourir

Après s’être attaqué au point faible d’Iruma, il est à mon sens temps de parler de son plus gros point fort : son casting de personnages, tous plus attachants les uns que les autres et tous hauts en couleurs. Certes là aussi le manga fait dans le classique en ne révolutionnant rien, mais il est vraiment très difficile de ne pas s’attacher à au moins un personnage, tant le manga profite justement du statu quo scénaristique des 5 premiers tomes pour introduire énormément de personnages. Alice, l’ami parfois un peu collant d’Iruma, Clara, la boute-en-train du groupe difficile à comprendre, Sabro, le rival auto-proclamé d’Iruma, Sullivan, cliché absolu du grand-père collant, Callego, le professeur ténébreux…. Mon coeur penche de son côté pour Amélie Azazel, directrice du BDE qui cherche à comprendre et analyser ces ouvrages ténébreux que sont les mangas, à l’aide d’Iruma.

Et ce casting haut en couleurs sert énormément l’humour de la série, un autre très gros point fort du manga qui compense d’une très belle manière le scénario un peu faible de ces 5 premiers tomes, vu qu’on est parfois juste pris par l’envie de découvrir de nouveaux gags, et les différents degrés de lecture des situations qui oscillent entre la culture des démons et la culture humaine d’Iruma joue énormément dans ce côté comique pleinement assumé par le manga qui l’utilise à la perfection. Ma seule et unique réserve à ce sujet est que le manga finisse par trop user de facilités scénaristiques afin de prioriser l’humour. Car avec un manga faisant actuellement 20 tomes au Japon, trouver le juste milieu entre scénario et humour est compliqué. Et surtout, il faut savoir renouveler ses gags, car le comique de répétition sur le long terme ne marche pas énormément. A part cela rien à dire, surtout que le trait d’Osamu Nishi se prête parfaitement à un manga tantôt comique tantôt orienté action. Certains chapitres sont vraiment simplistes sur ce point là où d’autre offrent des planches absolument sublimissimes sur tout les points. Mention spéciale au match de balle au prisonnier à la fin du tome 2, qui en met plein la rétine !


Un manga diablement prometteur

Iruma est un manga plus que prometteur rempli de qualité. On a déjà vu à quel point son casting de personnages est attachant et que son scénario peut à terme donner quelque chose de grandiose, mais la force et le potentiel d’Iruma à l’école des Démons ne se limite pas à ça, loin de là. Son univers est lui aussi très réussi. On nous y présente un enfer éloigné de toutes relations avec les humains depuis de nombreux siècles, à tel point qu’ils y sont considérés comme un mythe. De même, placer le cadre spatial dans une école est quelque chose de très intéressant, puisque cela permet de mêler les visions d’enfants en pleine croissance et d’adultes. Ce domaine est parfaitement incarné par l’arc du festival et par le personnage qui y est énormément lié, Kiriwo.

Encore une fois, difficile d’en dire plus sans spoiler, mais ce personnage pose les bases d’énormément de problématiques sociales que le manga peut exploiter par la suite, et j’espère grandement qu’il va le faire. Iruma est un manga à l’apparence enfantine, mais qui soulève pas mal de thématiques vraiment importantes dans le monde dans lequel on vit. La hiérarchisation sociale a-t-elle encore un sens ? Les rêves ont-ils encore une place dans notre société ? Faut-il s’affirmer ou au contraire rentrer dans le moule que la société crée pour nous ? Tant de problématiques soulevées qui offrent un deuxième degré de lecture autant, si ce n’est plus, passionnant que le premier.

CatégorieNoteAvis résumé
Personnages19/20Un casting vraiment haut en couleurs, chaque personnage est très original et donne envie d’en savoir plus !
Scénario12/20En s’accrochant à un statu quo, le manga reste bloqué au niveau scénaristique…
Ambiance et Univers17,5/20L’idée de base est déjà très bonne, l’exécution l’est encore plus ! On se sent vraiment pris dedans !
Dessin15/20On sent là aussi une grosse marge de progression, vu que Nishi expérimente beaucoup sur ces 5 premiers tomes
Plaisir de Lecture18/20Le manga se lit tout seul, d’une traite, sans difficulté ! On en redemanderai presque !
Total81,5/100
=16,3/20
Une très bonne surprise, un manga très attachant et prometteur !

Iruma à l’école des Démons est l’une de mes excellentes découvertes de la fin d’année passée. Je ne m’attendais à rien, et on peut dire que j’ai vraiment pas été déçu ! Le manga réussit sur quasiment tout les tableaux, à part son scénario qui fait un peu tache selon moi, mais j’ai très très bon espoir pour la suite au vu de la qualité du premier gros arc !

Le tome 6 sortira le 17 mars prochain chez Nobi Nobi, qui a abandonné son rythme d’un tome tout les mois pour passer à un tome tout les 2 mois (ainsi le tome 7 sortira en mai). Comptez sur moi pour vous en parler, car j’ai hâte de poursuivre cette très belle lecture ! (en plus y’a la best girl en couverture, que demander de plus ?)

Les Lectures d’Amano N°43 : Blue Period T1

Il existe des mangas sur quasiment tout. Du shonen classique à ceux reprenant des textes religieux, il y en a pour tout les goûts. Mais ironiquement, l’un des thèmes les moins représentés dans cet art, c’est justement celui de représenter les autres arts. Des mangas ayant pour thème le cinéma, le jeu vidéo, ou même le manga en lui-même, ça ne court pas les rues. Et même parmi les mangas traitant de ces thèmes, ils sont souvent mélangés à d’autres genres. Par exemple, Bakuman ou Hitman ajoutent un côté romance à l’aspect « monde du manga » qu’ils traitent. Le constat est clair : le manga artistique est un genre sous-représenté. Mais peut-être que cela va changer…. Laissez-moi vous parler du tome 1 de Blue Period, série disponible chez Pika, et ce, sans spoiler.


Une mangaka informée

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Voilà comment on pourrais résumer l’incipit de Blue Period :

Yatora Yaguchi est un élève assez populaire qui excelle dans ses études à l’école, mais qui a souvent affaire au vide intérieur et aux frustrations. Un jour, il est devenu tellement fasciné par une peinture au club d’art de son lycée que cela l’a inspiré à s’essayer à la peinture. Plus tard, il a été inspiré par un ami Ryuji et a ensuite rejoint le club d’art, devenant plus profondément impliqué, et tente de postuler à l’Université des arts de Tokyo comme son choix d’université.

Résumé du scénario de Blue Period

Je reviendrais bien évidemment après sur la gestion scénaristique de cet incipit et comment le manga arrive à gérer ce domaine artistique.

Blue Period est donc un manga de Tsubasa Yamaguchi prépublié dans le Monthly Afternoon de Kodansha. Il s’agit de la première série longue de cette auteure, qui avait publiée avant un one-shot du nom de Kanojo to Kanojo no Neko. Et ce qui est très intéressant avec Yamaguchi c’est ses études.

Elle est diplômée de l’université de Geidai, soit, l’université des Beaux-Arts de Tokyo, qui est JUSTEMENT l’université où cherche à aller notre protagoniste. Ainsi Yamaguchi glisse énormément d’informations sur le monde des universités artistiques japonaises dans ce tome 1, tant tirées d’étude que d’informations personnelles, ce qui est heureusement indiqué par la version française de Pika à l’aide de petites astérisques !

De part son statut de diplômée des Beaux-Arts, Yamaguchi a énormément de connaissances dans tout ce qui touche au domaine artistique, et elle laisse tout ça paraître dans Blue Period. Et ça se sent dès le tome 1, bien qu’on sente bel et bien qu’elle ne fait que gratter la surface avant de réellement plonger dans l’océan infini du monde de l’art.


D’excellentes idées

Blue Period est un manga plus qu’intéressant, et ce pour pas mal de raisons. Mais on retiendra surtout le domaine traité dans Blue Period, à savoir le domaine artistique. Personnellement, ce qui m’a tapé dans l’œil en lisant ce tome 1, c’est à quel point ce manga est à la fois très proche et très éloigné des mangas de sports.

Le plus gros point fort de Blue Period au niveau de l’écriture est à ce stade clairement son protagoniste. Car contrairement à pas mal de protagonistes, Yatora Yaguchi n’est pas noble. Il n’a pas de grand but dans la vie et est très terre-à-terre. Ainsi, une grande partie du tome va être dédié à un énorme conflit psychologique entre la raison de Yatora et son envie de peindre, surtout que Yamaguchi arrive à donner un côté vraiment très « shonen » aux concours d’entrée aux universités d’arts, et on imagine très facilement que cela va constituer le premier gros arc scénaristique de ce manga.

La plus grande force de l’écriture et de la mise en scène de Yamaguchi, c’est de réussir à rendre le domaine de la peinture bien plus attrayant en lui donnant un véritable aspect difficile à décrire avec de simples mots, puisque Blue Period est également un manga qui brille de par le trait de son auteur. Car oui, LE point sur lequel Yamaguchi excelle le plus est à mon sens le dessin. Il n’est pas dynamique comme l’artstyle d’Isayama, ne livre pas de paysages magnifiques comme celui de Suzuki et n’est pas expressif tel celui d’Akasaka. Ce qui fait la force de l’art de Yamaguchi, c’est sa gestion des ombres et de la gestuelle statique de ses personnages. Yamaguchi ne montre pas particulièrement d’actions, mais elle les suggère. Ses personnages gardent souvent une allure statique, mais qui suggère un mouvement passé il y a peu ou arrivant incessamment sous peu. Cet aspect est d’autant plus sublimé par LA plus grande force de l’art de Yamaguchi : le relief qu’elle arrive à créer et sa gestion parfaite de la perspective.

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Côté écriture, Blue Period n’est pas en reste, même si fatalement, le tout est bien moins marquant que l’aspect graphique. Le tome 1 est très intéressant sur ce point grâce à l’écriture d’un gros dilemme psychologique. Ce dilemme sera d’ailleurs utilisé comme « prétexte » scénaristique afin d’introduire petit à petit le monde de la peinture à Yatora. Ce n’est pas un défaut, loin de là ! Juste que c’est trop rare de voir des mangas qui prennent vraiment leurs temps aujourd’hui, et Blue Period apparaît réellement comme une très grosse bouffée d’air frais.

CatégorieNoteAvis résumé
Personnages16,5/20Pas mal de personnages intéressants, mais difficile de juger avec uniquement un tome 1. Mention spéciale au gros débat psychologique qui occupe la moitié du tome.
Scénario13/20Le point faible du manga actuellement. Tout est assez lent, et si ça promet par la suite, on reste face à une grosse introduction intéressante mais lente
Ambiance et Univers14/20Le domaine dans lequel Blue Period peut le plus progresser selon moi. Ce qu’on a dans le tome 1 est correct, mais on reste légèrement sur notre faim…
Dessins18,5/20Le gros point fort du manga à l’heure actuelle, c’est indéniable. Certaines planches sont très contemplatives pour le plaisir de nos rétines !
Plaisir de Lecture16/20Un plaisir de lecture qui fluctue pas mal, mais le titre reste très accrocheur, avec pas mal de passages très intéressant
Total78/100
= 15,6/20
Un premier tome très prometteur
qui ne laisse augurer que du meilleur pour la suite !

Blue Period est un manga au très gros potentiel. Son tome 1 est loin d’être parfait, mais ça reste une excellente lecture que je vous recommande chaudement. Le soin apporté à l’édition française se remarquent également, avec un léger relief sur la couverture et surtout des pages couleurs ! Un très bon incipit disponible chez Pika Editions !

Le tome 2 sera disponible chez Pika le 17 mars prochain ! Il promet de enfin nous plonger bel et bien dans le monde artistique qu’on aperçoit brièvement tout au long de ce premier tome ! Je vous en parlerai à coup sûr ! (Pas forcément à la sortie, puisque j’ai quand même 15 épisodes déjà prévus…)

Sur ce, merci de m’avoir suivi pour ce 43ème épisode des Lectures d’Amano ! Il est fatalement un peu plus court que celui sur Oshi no Ko, car je souhaitait avant tout vous montrer les 2 types d’épisodes des Lectures d’Amano : ceux dans le style de cet épisode 43, une review que j’estime assez complète, et ceux dans le style ce l’épisode 42, penchant plus du côté de l’analyse !

L’épisode 44 sortira en début de semaine prochaine et abordera les 5 premiers tomes de Iruma à l’Ecole des Démons, une grosse surprise de chez Nobi Nobi ! Sur ce, à très bientôt, et pour ceux qui me suivent sur YouTube, je vous donne rendez-vous en fin de semaine pour un AmanOricon !

Les Lectures d’Amano N°42 : Oshi no Ko tome 1

Il est impossible de trouver 2 personnes ayant la même relation avec un manga. Et cet écart est encore plus visible lorsque l’on parle de l’incipit d’un manga. Chacun va le vivre différemment. Certaines personnes préfèrent des incipit bien plus lents et qui prennent le temps de développer les personnages et leur univers avant de réellement plonger dans l’action tandis que d’autres préfèrent des incipit in medias res, qui vont très vite et qui expliquent le tout. Personnellement je ne suis friand ni de l’un ni de l’autre, mais aujourd’hui, je vais vous parler d’un manga ayant parfaitement réussi à allier les 2 pans du monde de l’incipit. Laissez-moi vous parler du tome 1 de Oshi no Ko.

Bien évidemment je vais limiter au maximum les spoilers, en survolant rapidement le scénario de cet tome 1 en me limitant au synopsis disponible sur des sites tels Nautiljon, qui spoilent le chapitre 1.


De très bonnes bases, avant même le chapitre 1

Ce n’était pas quelque chose que je faisais énormément lors de la saison 1, mais je vais essayer de légèrement vous narrer l’histoire autour du manga que je traite, tout en vous présentant les auteurs.

Oshi no Ko est donc un manga scénarisé par Aka Akasaka et écrit par Yokoyari Mengo. Ces noms vous disent quelque chose ? C’est normal !

Aka Akasaka est le mangaka derrière Kaguya-Sama : Love is War, excellente romcom adaptée en anime début 2019, qui a eu droit à une saison 2 début 2020, et qui paraîtra chez Pika Edition le 17 mars avec la sortie simultanée de ses deux premiers volumes. C’est un auteur qui excelle dans la mise en scène, dans la construction d’un scénario, dans le développement de personnages et dans la création de situations comiques. Oshi no Ko allait représenter un nouveau défi pour lui : créer un récit bien plus sombre, traitant de thématiques propres uniquement au monde d’aujourd’hui et au traitement de l’esprit humain par rapport aux flux d’informations qu’il peut trouver sur Internet, qui sont de plus en plus grands au fur et à mesure que le temps avance sa marche inexorable et que le monde du virtuel poursuit son inévitable ascension.

De son côté, Yokoyari Mengo est une dessinatrice connue pour des seinens au côté ecchi et même par moment du hentai. Sans compter Oshi no Ko, elle est derrière 8 mangas, tous assez courts. Son plus gros succès à l’heure actuelle est Kuzu no Honkai, seinen traitant du thème de l’adultère, adapté en anime courant 2017 et en drama la même année. A ma connaissance, un seul de ses titres est actuellement sorti en France, à savoir No Control!, œuvre en 2 volumes disponibles chez Tonkam (qui l’ont indiqué comme scénariste, du génie). Il s’agit donc d’une mangaka assez méconnue en France, mais qui possède une certaine expérience. Oshi no Ko allait également être un défi pour elle. Elle devrait sortir de sa zone de confort, qui va du seinen ecchi au hentai, en synthétisant son dessin pour proposer un style qui collerait au mieux au scénario d’Akasaka, qui était lui-même bien plus profond et sérieux que Kaguya-Sama.

Une dessinatrice qui avait enchaîné énormément de séries courtes alliée à un scénariste auteur de l’un des seinen les plus vendus de ces dernières années. Oshi no Ko semblait destiné à être un classique de son genre avant même le début de sa parution au vu des mangakas à l’origine du projet. Mais on l’a vu avec Samurai 8, avoi été crée par un auteur reconnu pour une oeuvre culte ne suffit pas à faire de toi une oeuvre culte. Et c’est ce qu’allait devoir prouver Oshi no Ko.


Réussir à innover sur une formule bien en place

C’est… Dur, d’innover sur un incipit. C’est très dur, car il existe des schémas narratifs qui font très bien le travail, alors pourquoi se priver ? Oshi no Ko innove certes sur la forme de son incipit, mais le fond reste globalement assez classique, bien que se permettant certaines folies, en allant piocher dans plusieurs genres. Romance, Gag-manga et même… Isekai (oui), l’incpit d’Oshi no Ko ressemble à une synthèse de ce qui marche, en apportant certes sa propre touche, qu’on pourrait décrire en deux termes : monde du show-biz et justesse d’esprit. Et histoire d’avancer, je vais être obligé de parler du scénario d’Oshi no Ko, car juger un incipit sans parler de ce qu’il raconte, ça serait pas très pertinent.

Oshi no Ko nous raconte donc l’histoire de Goro, médecin travaillant dans un hôpital de campagne qui est complètement fan de l’idole Ai. Cependant un jour, cette même Ai arrive dans son hôpital, enceinte de jumeaux, et demande à Goro de l’aider à accoucher. Tout se passe bien jusqu’au jour de l’accouchement, où Goro se fait assassiner par une mystérieuse personne. Cependant il se retrouve réincarné en l’un des 2 jumeaux d’Ai. Il n’est plus Goro, il est désormais Aquamarine Hoshino, et va chercher à retrouver son assassin.

Synopsis/résumé du chapitre 1 de Oshi no Ko

Voilà comment on pourrait résumer le synopsis du tome 1 de Oshi no Ko.Les autres chapitres du tome développeront par la suite plusieurs domaines, avec en tête d’affiche 2 personnages : Ruby Hoshino, soeur d’Aqua et bien évidemment Ai Hoshino, leur mère. Les chapitres suivront d’ailleurs tous le même schéma narratif :

Ils commencent tous par un flashforward où on voit un personnage dans une scène de la vie de tout les jours (interview/taches ménagères…). Pour rappel, un flashforward est l’inverse d’un flashback. Là où un flashback nous ramène dans le passé en nous présentant le passé d’un personnage, un flashforward nous emmène dans le futur. C’est d’ailleurs parfaitement expliqué par les noms de ces procédés narratifs. « Flashback » peut être traduit par « retour en arrière » là où « flashforward » peut être traduit par « bond en avant ». Il faut aussi noter que le flashforward est un procédé narratif bien moins utilisé que son équivalent. La raison est assez simple et demeure dans leur but : là où le flashback approfondit un personnage, le flashforward suscite de l’attente chez le lecteur/spectateur, en nous montrant un personnage grandit et qui a des expériences qui nous sont inconnues. C’est d’autant plus vrai dans l’industrie du divertissement, où la survie d’une oeuvre ne peut être garantie que par de bonnes ventes et une certaine rentabilité, sous peine d’un arrêt prématuré. Et là Akasaka case sans problème 8 flashforward dès son tome 1, sans se soucier d’une potentielle annulation… Chapeau !

Dans le cas d’Oshi no Ko, ces flashforward sont même très intéressants puisque Akasaka fait soit mention d’évènements plus que majeurs qui ne se sont naturellement pas déroulés dans le tome 1 ou alors d’évènements se déroulant parfois dans le chapitre en question. Par exemple, le flashforward du chapitre 4 est constitué d’une interview d’un fan d’idole qui parle d’un événement…. Qui se déroule dans le chapitre 4. J’ai bien d’autres exemples mais je ne vous en parlerais pas afin de ne pas vous spoiler !


Une œuvre au potentiel monstrueux

Mais ce qui brille énormément avec Oshi no Ko, c’est clairement son énorme potentiel, sur absolument tout les plans. Le scénario reste clairement le gros point faible de ce tome 1, qui se concentre sur l’exposition et le début de la construction de l’univers d’Oshi no Ko, univers qui est à l’inverse le gros point fort du manga. On se sent réellement happé par cette description macabre, mais terriblement juste du monde du show-biz qu’Akasaka et Mengo nous narrent. Mais la lenteur du scénario sur ce tome 1 est justifiée par les très très nombreuses pistes qu’il laisse au sujet de futurs arcs narratifs. En voilà quelques-uns, qui sont clairement les pistes les plus évidentes :

  • Ruby est-elle réincarnée ?
  • Qui a tué Aqua ?
  • Qui est le père des jumeaux ?
  • Aqua doit-il abandonner sa vie en tant que Goro ?

J’ai été d’ailleurs très surpris de voir le manga citer des sociétés comme « Oricon », « YouTube » ou « Tik Tok », là où je pensais que ces sociétés voyaient leurs noms transformés dans des oeuvres telles que celle-ci pour problème de droits d’auteurs. Surprenant, bien que ça aide encore plus à l’immersion.

Chacun des personnages est aussi très passionnant et joue avec cette idée de « double facette » : celle qu’on montre à la société, et par extension au public dans le cas d’une célébrité, et notre véritable personnalité, que seul nous connaissons et qui doit faire face à notre conscience. Cette idée s’applique aussi à l’un des thèmes majeurs d’Oshi no Ko, que j’illustrerais avec une citation d’Ai :

Pour moi, le mensonge est une forme d’amour

Ai Hoshino, Oshi no Ko chapitre 9

Cette thématique sur l’amour s’emboîte parfaitement avec l’autre thème majeur d’Oshi no Ko, à savoir la présentation, l’analyse et la critique du monde actuel du show-biz, pour donner un tout absolument sublime et impressionnant. Impossible de savoir à ce stade jusqu’où Akasaka va aller dans l’analyse de ces thèmes…

Mais dans tout les cas les quelques thématiques liées à ça et au fait de jouer un rôle explorées dans le tome 1 sont très intéressantes et promettent énormément pour la suite. Et ça serait oublier le dessin de Yokoyari Mengo, qui sublime le tout en offrant un trait visuel très adulte au récit d’Akasaka. Son dessin synthétise parfaitement le scénario d’Akasaka, ils se complètent l’un-l ‘autre.

CatégorieNoteAvis résumé
Personnages18/20D’excellentes bases pour la suite
du manga, avec des arcs narratifs qui s’annoncent juste passionnants !
Scénario15/20Clairement le point faible de l’incipit, mais qui est magistralement sauvé par un certain twist inattendu.
Ambiance et Univers19/20Le gros point fort du manga à l’heure actuelle, très très bien développé et qui a encore énormément de marge !
Dessin17/20C’est du Yokoyari Mengo, donc c’est du grand art ! On ressent tout particulièrement un travail au niveau des visages et des émotions !
Plaisir de lecture19,5/20La lecture passe toute seule, on est pris dedans et on en redemande !
Total88,5/100
= 17,7/20
Une vraie pépite et un futur classique en devenir

Oshi no Ko est un futur grand du monde du manga. Difficile d’imaginer la suite avec un incipit qui semble préparer énormément de chose en ouvrant pas mal de portes narratives. En tout cas ce qui est sûr, c’est qu’on a en face de nous une véritable pépite qu’il faudra surveiller à l’avenir. Pas de sortie française prévue à l’heure actuelle, mais au vu du succès que connaît la série au Japon et avec le fait que l’oeuvre d’Akasaka va bientôt arriver en France avec Kaguya-Sama, je reste vraiment optimiste sur l’arrivée d’Oshi no Ko dans nos contrées !

Merci à vous de m’avoir suivi pour ce premier article de la saison 2 ! J’espère que la nouvelle formule vous plaira ! Je vous dis à très bientôt pour la suite, les prochaines Lectures d’Amano vont surtout être dédiées à des lectures de fin d’année 2020 que je n’avais pas encore abordé !

Début de La Taverne d’Amano, saison 2

Déjà presque 2 mois avant le billet annonçant la résurrection de ce blog, et oui, le temps passe très vite. Mais si je vous parle aujourd’hui, c’est que j’ai de très bonnes nouvelles à vous annoncer. Mais tout d’abord, faisons le point sur ce que je fais actuellement.

Je pense que ça n’est une surprise pour personne : mon activité principale est désormais ma chaîne YouTube, que j’alimente. Là-bas j’anime surtout 2 chroniques :

  • Les Amanoricon : chronique où j’analyse le top Oricon hebdomadaire / mensuel / annuel, en me permettant parfois plusieurs apartés, comme les AmanOricon RETRO, où je m’intéresse aux Oricon annuels des années précédents ou les AmanOricon FOCUS, où je m’intéresse à un sujet en particulier
  • Les Amachroniques : chronique bien plus ambitieuses à rythme de sortie mensuel (oui même si ça fait 1 mois et demi depuis l’épisode #1) où j’analyse un sujet en particulier sous toutes ses coutures, l’épisode 1 sur la vie commerciale de Kimetsu no Yaiba est disponible depuis fin décembre et l’épisode #2 sur Super Smash Bros est en cours de développement.

Mais malgré tout, j’ai envie de relancer ce blog, car faire de l’écriture juste pour de l’écriture, j’adore ça et ça me manquait. Et surtout, j’ai tiré une leçon de ce que j’appellerai la saison 1 du blog. J’AI PRIS LE BLOG TROP A COEUR .

J’étais dans une optique de produire pour produire, d’aller de plus en plus loin de plus en plus vite…. Je ne veux plus m’infliger ça, surtout avec un projet de cœur comme ma chaîne à côté. Ainsi, les critiques, qui s’appelleront désormais les Lectures d’Amano et les tests, qui s’appelleront désormais Les Tests d’Amano seront les seules chroniques qui feront la transition vers cette saison 2.

Le reste, basta, poubelle. Les Analytiques sont devenues les Amachroniques, et les autres chroniques éphémères ne m’intéressent plus.

Concernant les Bilan Mensuel, pas impossible que je reprenne, mais j’aurai bien moins la pression des chiffres ^^

Ainsi, je vous donne rendez-vous samedi (oui, demain), pour le premier épisode des Lectures d’Amano épisode #42, dédié aux deux premiers tomes de Oshi no Ko, avec une motivation au max et l’envie de débuter une nouvelle aventure.

Et c’est la fin de ce très court billet, servant uniquement d’actu et qui sera peut-être effacé à l’avenir. Sur ce moi je vous dit à la prochaine, portez-vous bien, Amano, Out !

Coucou

Yo.

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Quoi, pourquoi vous faites cette tête ?

OUI, un article sur ce blog, presque 6 mois après le début de sa cryostase, mais que voulez-vous, ça commençait à fortement me MANQUER. Et puis bon, c’est une folle aventure qu’on a vécue pendant 9 mois, et c’était donc dans mon bon droit de… Ouais non oubliez.

Donc, qu’est-ce qui se passe ici ? Pourquoi cet idiot d’auteur, c’est-à-dire moi, a décidé d’écrire un article sur ce blog déjà mort qui n’intéresse plus personne…

BANDE DE FOUS. Oui, il semblerait que le blog n’en ait eu absolument rien à faire de la fin, puisqu’il a continué à faire son petit bonhomme de chemin avec 2 articles lus plus de 750 fois en 2020 et un QUASIMENT 2 000 FOIS. J’ai vu ça et j’ai littéralement pété un câble, surtout que l’article le plus lu du blog est officiellement la Personnalitay sur Saiba Asahi, que j’avais écrit à l’arrache y’a un an et qui est en top recherche Google du personnage, j’ai pas compris.

Donc, à quoi sert cet article ? Bah déjà j’aime bien flood les boîtes mail et les notifs WordPress (c’est faux, pas taper sivouplé), et surtout, bah, le blog va revenir.

Je sais pas quand exactement et je sais pas comment, mais je tiens à le faire revenir, parce que écrire c’est cool, et puis ça commence un peu à me manquer. En tout cas ce qui est sûr, c’est que je ne reprendrais pas le rythme optimal que je m’étais fixé, à savoir 5 articles par semaine. Au bout d’un moment, ça m’a détruit et écrire était plus une corvée qu’autre chose. Donc il se peut qu’il n’y ait pas d’article pendant plusieurs semaines sur le blog (lol ça va arriver, je me connais).

Et là je vous vois venir « Mais Amano, est-ce que tu va reprendre tes chroniques ? »

PEUT-ÊTRE. J’ai pas dit oui, j’ai pas dit non, j’ai dit « peut-être ». La raison étant que ok, du point de vue du blog je fais un bon de début août 2020 à janvier 2021, mais à côté j’ai beaucoup progressé :

1-J’ai quitté la rédaction de Nintendo-Master. Il s’agissait d’un point qui était selon moi nécessaire afin d’arriver là où… bah je suis actuellement. Je garde malgré tout un bon souvenir de cette courte aventure, qui aura notamment produit L’Histoire de Nintendo.

2-Sans doute le plus important : j’ai ouvert ma chaîne YouTube courant octobre. C’était prévu depuis un moment comme étant le prolongement du blog, et ça a carrément fini par le supplanter. Seule une chronique a fait le transfert, en se transformant tout de même pas mal : les Critiques, qui sont devenus les Lectures d’Amano. Le reste est intégralement nouveau, même si vous retrouverez les Amachroniques, qui sont donc là-bas dans leur forme définitive. Ma troisième chronique à l’heure actuelle est l’AmanOricon, où j’analyse le top hebdomadaire d’Oricon.

(non cet article n’est pas une pub pour ma chaîne).

Donc, voilà pour cette petite mise au point de début janvier 2021. Je vais reprendre progressivement, je sais pas à partir de quand, même si j’aimerais que ça soit en janvier pour ne rien vous cacher, avec une critique qui peut être vraiment pertinente : les 2 premiers tomes de Oshi no Ko, qui est déjà prévu au format vidéo sans date définitive.

Concernant les « Critiques », qui était clairement la chronique majeure du site malgré moi, il n’est pas impossible que je fasse une version écrite et une version vidéo, probablement avec 2 angles d’attaque, étant donné que je bénéficierai sur une support d’une plus grande liberté de présentation, tandis que sur l’autre le tout vous sera livré d’un bloc.

Concernant les autres chroniques, Analytique, Tests et tout, je ne suis pas encore du tout sûr de leur survie. J’ai certes déjà des idées, mais comme pour le reste, abandonnez l’idée du « 1 épisode par semaine ». L’Histoire de Nintendo continuera par contre, c’est une certitude, dans une saison 2 avec des épisodes plus courts sur des sujets plus précis.

Sur ce c’est tout pour cette petite mise au point de début d’année, on se retrouve très bientôt ici (et même demain sur ma chaîne), à la prochaine et bonne année à tous !

Bilan Mensuel N°9 : Juillet 2020

Bon. Il fallait que ce moment arrive. La fin de la Taverne d’Am4n0. Enfin, plutôt le début d’un sommeil à durée indéterminée. Je vous parle de tout ça dans la 2ème partie de ce bilan, pour l’heure, place au dernier Bilan (pour le moment en tout cas).


Juillet 2020 sur La Taverne d’Am4n0, c’est :

CatégoriesStatistiques
Nombre d’articles9 en 30 jours
2 AnalytiquesLe Jump en 2020
Scantrad et #WeLoveManga
3 CritiquesKingdom tome 1
Bone Collection tome 1
Mission of Yozakura Family tomes 1 à 3
1 PersonnalitayJolyne Cujoh
1 Top M’en 5Les 5 articles que j’ai préféré écrire
1 NintendologieEpisode FINAL
Vues11 734
(+2 305)
Abonnés32
(+0)
Mentions J’aime430
(+34)
Visiteurs5 050
(+1 123)

Au final, ce dernier mois sera même le meilleur de l’histoire du blog, en surpassant avril. Encore une fois, merci à tous. Etant donné qu’il y a eu peu d’articles ce mois-ci, je vous propose de passer directement au top des articles les plus lus, pour la dernière fois :

PlaceArticlesVues
1erCritique N°25 : Blue Lock626
2èmeAnalytique N°22 : Le Jump en 2020461
3èmePersonnalitay N°1 : Saiba Asahi431
4èmeCritique N°24 : One Piece tomes 1 à 61225
5èmeCritique N°18 : Go-Toubun no Hanayome214
6èmeCritique N°33 : Demon Slayer : Kimetsu no Yaiba209
7èmeCritique N°27 : JoJo’s Stone Ocean201

Au final, on termine sur un top 7 avec l’intégralité des articles qui le composent au dessus de la 7ème place. Encore une fois, merci à tous pour votre soutien pendant ces 9 mois, et passons à ce qui vous intéresse le plus je pense :


Et maintenant ?

Comme vous l’avez lu, la Taverne d’Am4n0 prend aujourd’hui fin. En tout cas, le blog entre dans un long sommeil, peut-être éternel, peut-être juste long, je ne le sais pas encore.

Cependant, je n’arrête pas tout non plus. Cette fin me permettra de travailler sur des projets à côté qui me tiennent à cœur. Celui que je vais lancer en priorité e le plus tôt est donc ma chaîne YouTube, qui arrivera courant septembre. Je vais la concevoir afin qu’elle soit un peu comme la continuité du blog. Je vous tiendrai au courant sur Twitter sur l’avancée du projet, et c’est quelque chose que je fais déjà.

Concernant son contenu, je réserve ça pour l’ouverture, date que je préciserai et à laquelle je vous préciserai plus de choses.

Sur ce à la prochaine, et qui sait, peut-être que la Taverne réouvrira ses portes un jour !

GIF goodbye goku dragon ball gt - animated GIF on GIFER - by Shalmaran

Critique N°41 : Mission of Yozakura Family, tomes 1 à 3

Bonjour à tous et bienvenue dans une nouvelle critique. Oui, encore un manga du Jump. Mais que voulez-vous, il s’agit d’un magazine que j’affectionne énormément et dont je lis chaque manga avec attention. Enfin j’essaye. Si je vous fait cette petite introduction, c’est car la critique d’aujourd’hui concerne l’un des rares mangas que je ne lisais pas dans le Jump : Mission of Yozakura Family. Il s’agit de l’une des dernières nouveautés de 2019, qui survivait plus car des mangas plus récents marchaient moins.

Malgré tout, j’ai décidé de me laisser tenter. Et voici donc mon ressenti !


Un potentiel certain

Otakulte 🐉 on Twitter: "Le "succès" de Mission of Yozakura Family ...

Mission of Yozakura Family est un manga de Hitsuji Gondaira prépublié dans le Weekly Shônen Jump depuis le numéro #39 de 2019. 3 tomes sont sortis au Japon à ce jour, et le manga va bientôt fêter sa première année de parution. Le manga nous raconte l’histoire de Taiyo Asano, jeune lycéen qui est extrêmement timide. Cette timidité est due à un traumatisme, la mort de l’intégralité de sa famille. La seule personne avec qui il peut parler est Mutsumi Yozakura, son amie d’enfance. Cependant, il découvre un jour par la force du hasard la véritable identité de la famille Yozakura : une famille uniquement composée d’espions. Harcelé par l’aîné Kyoichiro à cause de sa relation avec Mutsumi, Taiyo va devoir se marier avec elle afin d’intégrer la famille Yozakura et pouvoir mener à nouveau une vie tranquille. Sauf que vivre avec des espions et tout sauf de tout repos.

Mission of Yozakura Family se définit donc comme un shônen assez comique. La majorité des chapitres des 3 premiers tomes sont des histoires en one-shot, avec aucune continuité d’un chapitre à l’autre. Un personnage introduit est très vite oublié. Le premier arc réellement « ambitieux » par rapport au reste arrive après le premier tiers du tome 3. Et c’est dommage, parce que le manga a énormément de potentiel dans son univers. Mission of Yozakura Family désacralisé énormément l’univers des espions. Ainsi, ils utilisent ici les réseaux sociaux et ils ont un magazine dédié par exemple.

L’humour de Mission of Yozakura Family fonctionne, et il m’est arrivé plusieurs fois d’éclater de rire devant un chapitre ! Le chapitre 12 reste pour l’instant mon préféré à ce niveau, à voir comment ça va évoluer à l’avenir

Mission of Yozakura Family démarre sur d’excellentes bases. Il faut dire que l’auteur avait déjà été publié dans le Jump, avec Poro no Ryuugaku-ki en 2017. Forcément, il a déjà un style graphique bien à lui, et ça rend la lecture des premiers chapitres très plaisantes. Le découpage est bon, le dessin très efficace, bref ! Mission of Yozakura fait tout pour plaire dès le départ, et sur moi ça a très bien fonctionné.


Un manga qui en garde sous le coude

Mission of Yozakura Family fait certes tout pour plaire dès le départ, mais il ne fait pas l’erreur de tout dévoiler dès le début. Le manga arrive à garder une zone de mystère derrière lui. Encore une fois je ne dirais rien afin de ne pas vous spoiler. Mais retenez juste que si Mission of Yozakura Family introduit dès le départ pas mal de personnages, il plante aussi des graines pour leurs développements futur. D’un côté, c’est une excellente chose. Cependant, c’est aussi qui handicape réellement le manga sur ses 3 premiers tomes.

Yozakura, en plus de 25 chapitres, n’a pas d’arc réellement majeur. Le manga reste cantonné à un statut-quo et enchaîne des histoires sans continuité entre elles. Et je pense que c’est ce qui a dû lasser certains lecteurs, et ce qui fait que Mission of Yozakura Family a du mal niveau classements dans le Weekly Shônen Jump. Cependant Gondaira semble avoir compris cela, en étoffant petit à petit ses histoires en ajoutant des enjeux.

Notation:

Personnages: 16/20

Scénario: 13/20

Ambiance et Univers: 15/20

Dessins: 15/20

Plaisir de Lecture: 16/20

Total : 75/100 = 15/20

Mission of Yozakura Family est une excellente surprise, que je regrette de ne pas avoir pu découvrir plus tôt ! Le manga se lit vraiment très bien, les dessins et les personnages sont accrocheurs. Seul petit bémol, un scénario pour l’instant trop en retrait et un univers avec de bonnes idées mais qui reste trop classique. Je croise les doigts pour que le manga soit licencié en France d’ici la fin de l’année !

Analytique N°23 : Scantrad et #WeLoveManga

Bonjour à tous. Le Scantrad. Un sujet… compliqué à évoquer. Je m’y étais risqué en février, avec au final plus de retours négatifs que positifs. Cependant, en vu de l’actualité avec le mouvement #WeLoveManga et tout ce qu’il provoque, j’estime qu’il est nécessaire que je replonge dans ce sujet, même si je risque de ne pas plaire à tout le monde.

Une dernière petite précision avant de commencer : j’ai un avis bien tranché sur la question. Cet avis n’engage QUE MOI. Je suis bien évidemment ouvert à la discussion sur ce point, ou même sur l’article en général. N’hésitez pas à laisser un commentaire sur ce point ou à me mentionner sur Twitter, je vous répondrai avec grand plaisir. Assez tergiversé, passons à l’article en lui-même.


Scantrad, Scanupload… Présentation globale

Ultra Jump- JoJolion CM (Yasuho ver.) - YouTube

Avant de réellement s’intéresser au débat soulevé par l’émergence de #WeLoveManga, j’estime qu’il est important de revenir sur la définition d’un scan à proprement parler. Un scan comme on l’entend pour un manga, c’est l’upload d’un chapitre d’un manga sur Internet, chapitre rendu disponible gratuitement et à volonté. Pour ce qui est de la traduction, il s’agit soit d’une traduction faite par des fans, soit directement le tome qui est scanné.

Je pense que c’est évident pour pas mal de gens, mais je le répète. LIRE EN SCAN EST UNE ACTIVITÉ ILLÉGALE. Il s’agit du vol de propriété intellectuelle. Les personnes qui publient les chapitres de cette façon n’en ont pas les droits. Généralement, les teams de scantrad s’occupent de se mettre à jour sur la publication japonaise, afin de ne pas avoir à attendre la version reliée française. Ces teams suppriment généralement les chapitres des mangas parus en France au format tome. Pour prendre l’exemple de Scantrad France, cette team ne laisse que les 3 derniers chapitres des mangas dont au moins un tome est sorti en France. Ainsi sur ce site vous ne trouverez que les chapitre 983, 984 et 985 de One Piece, car le manga est publié. Cependant, vous trouverez l’intégralité des chapitres de Blue Lock, car le manga n’est pas encore publié en France, mais les chapitres seront supprimés dès que le manga sera publié.

Lecteur De Mangas Japonnais En Ligne | Japscan.com

J’aimerais revenir sur un autre type de scan, que je préfère appeler le « Scanupload ». Contrairement aux teams de « Scantrad », qui traduisent directement les chapitres sortis au Japon, les « teams » de « Scanupload » mettent en ligne des mangas déjà sortis en France, parfois en intégralité et depuis très longtemps. CE genre de pratique est bien plus problématique que le scantrad. Alors attention, je ne dis pas que le scantrad ne pose pas problème aux éditeurs, et c’est probablement l’une des raisons qui fait qu’on n’a pas vraiment d’alternative légale en France. Mais ce sera le sujet de la dernière partie de cette article. Intéressons nous maintenant au mouvement #WeLoveManga.


#WeLoveManga

WeLoveManga : soutenir l'offre légale | Les News Akata

#WeLoveManga est un mouvement lancé le 16 juillet 2020 par Manga.io sur Twitter. Le mouvement avait pour but de sensibiliser le public autour de la lecture illégale de manga en ligne. Et…. C’est un peu parti dans tout les sens. Si au départ c’était juste des tweets explicatifs et des photos de collection, j’ai fait les 2 d’ailleurs. Mais ce mouvement a surtout ranimé un certain débat : en quoi les scans nuisent aux éditeurs ?

En soit, c’est surtout le scanupload qui nuit aux éditeurs au court terme. Forcément, certaines personnes ne vont pas s’embêter à acheter un tome à 7 euros l’unité quand tout est disponible sur Internet… De même, j’en ai aussi vu déclarer qu’elle n’ont pas le budget, ou qu’un tome en France est plus cher qu’au Japon… Bon, je ne vais pas revenir sur le « je n’ai pas le budget ». Je ne vous demande pas d’acheter l’intégralité des mangas sortis sur le marché français, personne ne le peut je pense. Simplement soutenez les éditeurs à votre échelle ! Pour vous dire, je tourne environ autour d’un tome par mois au bas mot, je ne suis pas non plus un gros acheteur.

Pour ce qui est du prix des tomes français, il faut savoir que c’est comme ça depuis très longtemps. Un tome était vendu environ 38 francs en 1997, ce qui donne 7,77 euros en convertissant et en prenant en compte l’inflation. Cette différence de prix s’explique surtout par les dépenses que demandent l’adaptation en France et la communication à faire autour du titre, frais qui sont absents au Japon. Pas de traduction à faire et la communication se limite très souvent à mettre le titre dans le même magazine qu’un manga très connu comme One Piece ou Kingdom.

En France il faut déjà traduire le titre en français, ce qui nécessite parfois plusieurs adaptations assez majeures. Il faut aussi communiquer autour de celui-ci afin qu’il soit rentable pour l’éditeur. Sans communication on se retrouve avec des désastres industriels, comme la première édition de Demon Slayer, « Les Rôdeurs de la Nuit », qui atteignait difficilement les 500 ventes par volume. Donc oui, payer 3 euros de plus par rapport au Japon, ce n’est pas la mort non plus ! Cependant le scantrad n’entraîne pas forcément que du négatif…


Nuance de gris

Je pense que je ne vous apprends rien en vous disant que rien n’est noir ou blanc, mais que tout est une nuance de gris. C’est une philosophie de vie claire et nette qui s’applique bien évidemment dans ce cas en particulier. Les scans, en particulier le scantrad, n’amènent pas que du négatif. Et de mêmes, les éditeurs ne sont pas que des victimes innocentes. Ils ont eux aussi leur part de responsabilité dans cette histoire.

Le manga Les Rôdeurs de la nuit (Kimetsu no Yaiba) de retour chez ...

Tout d’abord, parlons de la popularité d’une oeuvre. Qu’on le veuille ou non, une traduction en scan altère forcément la popularité d’un manga, très souvent de manière positive. Il existe de nombreux exemples. Blue Lock, traduit par Scantrad France, qui a déjà réussi à se forger une solide base de fans francophones, alors que le titre n’a jamais été abordé publiquement par un éditeur. Demon Slayer, qui a bénéficié du soutien de ses fans francophones pendant près d’un an alors que Panini Manga avait totalement lâché la publication du manga. Et enfin Kingdom, manga qui a longtemps subsisté en France par le biais des scans, avant que Meian n’obtienne les droits pour la série avec une formule qui convenait à la Shueisha. Il est difficile de donner tord aux scans sur ce point.

Une traduction en scan d’un manga non licencié prépare le terrain pour l’éditeur qui s’occupera de la parution française. Ou à l’inverse, cela permet de montrer assez facilement qu’une solide communauté est présente derrière ce titre (les hashtags des chapitres de One Piece en tendance Twitter chaque vendredi).

ONE PIECE celebrates 23 years on Weekly Shonen Jump with a cover ...

Le point majeur qui selon moi fait la popularité des scans, c’est bien évidemment le fait de pouvoir suivre la publication japonaise et de pouvoir découvrir des mangas sans prendre le risque de « gaspiller » son budget. Comprenez par-là le fait d’acheter à l’aveugle un tome pour au final être déçu et ne pas continuer la série. L’altération de la popularité dérive de cela. Aujourd’hui, suivre la publication française uniquement est devenu vraiment très long et éprouvant, surtout vu le retard par rapport au Japon, qui est de 6 mois environ dans le cas le plus idéal. Les scans viennent ainsi combler ce retard. C’est à ce jour la seule solution optimale pour ce cas, mais on y reviendra après.

L’autre point, celui de découvrir des mangas « sans risque de gaspillage » est intrinsèquement lié à la condition gratuite des scans. Pour le coup, ce point peut être autant lié au scanupload, en lisant des mangas licenciés gratuitement, qu’au scantrad, en lisant gratuitement des mangas non licenciés. Pour le premier, la pratique est bien évidemment illégale, acheter les tomes reste et restera le seul moyen de soutenir les auteurs. Mais plutôt que d’accuser les teams de scans de tout les maux du monde, pourquoi ne pas chercher une solution, un équivalent légal ? Car si le scanupload est dans son esprit, totalement illégal, on peut tenter d’imaginer des solutions pour « légaliser » le scantrad.


Quelles sont les solutions possibles ?

Tout d’abord, faisons un petit bilan des offres numériques proposées par les éditeurs.

Did anyone else cry during multiple parts of Fullmetal Alchemist ...
  • Les volumes en numériques : « solution » la plus répandue aujourd’hui, il s’agit simplement de rendre disponible les volumes en version numérique. Cette solution répond certes au problèmes de place qui peut être causé à long terme, mais elle ne répond en rien aux problèmes majeurs qui ont causés « l’ascension » du scan : la gratuité de ce dernier et le faible écart avec la publication japonaise. Il s’agit donc en l’état plus d’une offre pour tenter de « contrer » le scanupload. En plus de ça, la différence avec le format physique n’est que de 2 euros environ, donc à ce prix-là autant privilégier un tome pour une lecture bien plus agréable.
  • La traduction direct des chapitres : c’est la solution qui ressemble le plus au marché du scan d’aujourd’hui. Les éditeurs traduisent en version numérique les derniers chapitres des mangas de leur catalogue, et ils le proposent à l’achat, pour des prix allant de 50 centimes à 1 euro. Cependant cette offre a plusieurs problèmes. Le plus direct étant le prix. Pour un chapitre ça peut paraître peu, mais un lecteur qui suit une dizaine de séries par semaine, ça peut monter très vite. Cette offre est en plus de ça très peu utilisée en France, et donc il y a très peu de communication autour de cela.
  • Un format à la Netflix : il s’agit d’une offre similaire à ce que propose Mangas.io, qui est à l’origine du #WeLoveManga pour rappel. Payer une somme aux alentours de 7-8 euros par mois pour avoir accès à un catalogue avec des mangas disponibles dans leur intégralité. Il s’agit sans doute du format avec le plus d’avenir, mais le problème de Mangas.io réside actuellement dans son catalogue. Il est vraiment restreint, et si il va sûrement évoluer à l’avenir, l’idée d’avoir une plateforme légale va demander de négocier avec les éditeurs afin de récupérer les droits. Je vois plus cette offre comme une pseudo solution, mais sur le long terme, voire le très long terme. Elle sera sûrement très convaincante un jour, avec un catalogue bien fourni, mais en l’état, ce n’est absolument pas le cas.

Les solutions sont donc à l’heure actuelle très limitée. En enlevant la 3ème option, on peut même constater que les éditeurs ne font absolument rien pour faire évoluer les choses, et se contentent juste d’attaquer les teams de traduction en espérant sûrement qu’ils arrêtent d’eux-mêmes. Sauf qu’une solution légale, qui semble quasiment parfaite, existe déjà.

TopAppli Manga Plus by Shueisha : lire des mangas avant tout le ...

MangaPLUS est la réponse de la Shueisha au marché du scanupload et du scantrad. Proposer une plateforme 100% gratuite, avec les 3 premiers et les 3 derniers chapitres de leurs mangas. Si cette solution paraît idéale, elle a cependant un gros défaut pour nous. MangaPLUS ne propose des traduction qu’en anglais et en espagnol. Une traduction française arrivera peut-être un jour, mais force est de constater que ça posera plus de problèmes. Et ce à cause d’un seul point. Si pour le marché anglais et espagnol la Shueisha dispose d’un partenaire publiant chacun de leurs manga, pour la France, leur catalogue est distillé entre chaque maison d’édition. Pour prendre le catalogue actuel du Jump, si la Shueisha veut faire une version française de MangaPLUS, cela demande d’aller négocier chez :

  • Glénat pour One Piece et Dr.STONE
  • Ki-oon pour My Hero Academia, Jujutsu Kaisen et Act-Age
  • Kazé pour Haikyû!!, We Never Learn, Black Clover et Chainsaw-Man

Et je n’inclus même pas les potentielles nouveautés déjà acquises par un éditeur, et surtout les anciens titres qui sortent sur MangaPLUS comme Dragon Ball, Naruto, Blue Exorcist ou encore Reborn. Bref, c’est possible, mais actuellement on ne peut que fantasmer sur ça et revenir à notre triste réalité où le bilan est clair et net :

Les éditeurs ne font rien pour aller dans le sens des fans qui demandent à suivre la parution japonaise

Ou plus simplement :

L’offre numérique en France est bien trop limitée

Les habitudes de consommation ont énormément évoluées depuis l’arrivée des mangas en France au début des années 90. La culture du « tout-gratuit » s’est énormément développée. On peut prendre en exemple le marché de la musique, avec Spotify ou Deezer. Rester sur une offre proposant uniquement des versions physiques, certes très qualitatives, mais ayant un certain retard sur la parution japonaise, ralentit plus qu’autre chose l’évolution du manga en France.

Et j’espère que le mouvement #WeLoveManga fera bouger ça. Viser les personnes réellement coupables, à savoir les sites de scanupload frauduleux qui se font de l’argent avec les pubs de leurs sites, comme JapScan, et arrêter d’attaquer uniquement les teams de scantrad. Elles ont certes leur part de responsabilité dans cette histoire, en utilisant notamment des œuvres qui ne leurs appartiennent pas. Mais j’espère que les éditeurs vont aussi relativiser et qu’ils remarqueront que ce marché potentiel existe. Et peut-être qu’on pourra enfin lire les derniers chapitres de nos mangas favoris en toute légalité.

Critique N°40 : Bone Collection, tome 1

Bonjour à tous. Vous savez, on commence à me considérer comme quelqu’un qui s’y connaît en tant que nouveautés avortées du Jump, ou dont la survie n’est pas encore assurée. C’est même devenu une blague sur un certain serveur Discord. Cependant, je dois vous dire que j’ai beaucoup de compassion pour les nouveautés dont je parle, que ce soit ici, sur Discord ou sur Twitter. ZIPMAN!!, Yui Kamio Let’s Loose, Hungry Marie…. Même Guardian of the Witch ! Et pourtant il existe des mangas que je ne peux pas blairer, alors que j’estime être assez cléments par moments. Après avoir perdu un pari après une certaine personne qui se reconnaîtra, il est temps pour moi d’aborder ce qui n’est pas forcément le pire manga du Jump que j’ai lu, mais qui reste détestable.

Si vous aimez la démolition, l’acharnement ou juste que vous êtes curieux, prenez place ! Bienvenue dans la critique N°40, sur le tome 1 de Bone Collection !


Même mon chien dessine mieux

Commençons directement par le point qui m’alarme le plus concernant Bone Collection. LE DESSIN EST DÉGUEULASSE. Je ne vois pas comment le dire autrement. Vous voyez la case que j’ai mis ci-dessus, et bien vous pouvez y voir que le visage de l’héroïne est tordu. Et ça encore, ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Globalement, Bone Collection a un dessin plus qu’inégal, pour ne pas dire totalement raté.

Globalement, l’auteur, Jun Kirarazaka, a un gros problème pour dessiner les personnages. En lisant Bone Collection, j’ai constamment l’impression que les corps ne sont pas solides. Les traits ne sont pas assez marqués et ça empêche la fluidité au niveau du mouvement. Car oui, ça reste tout de même un shônen typé action. Le pire, c’est que les décors sont eux très corrects. Les assistants de Kirarazaka s’en sortent plutôt bien, et ça donne un mélange tout sauf homogène. Des décors agréables à l’œil nu et qui donnent par moment envie de regarder les planches dans les moindres détails, mais qui sont plus que contrebalancés par des personnages principaux avec un trait soit trop fin, soit trop courbés et des proportions très mal respectées.

Par curiosité, je suis quand même allé chercher voir ce que l’auteur avait fait avant, afin de comparer. Alors Bone Collection est son premier manga à être sérialisé, il avait eu droit à un one-shot il y a quelques temps, mais il a surtout été assistant sur The Last Saiyuki, série de 2019 avortée en 20 et quelques chapitres, mais qui avant un style graphique bien à elle dès son premier chapitre (exemple ci-dessous).

Après Kirarazaka était simplement assistant, et il se chargeait uniquement de finir le travail de son sensei de l’époque. Mais tout de même, il aurait pu récupérer quelques conseils… Car rien qu’avec un style graphique un peu plus correct, ou à la The Last Saiyuki, Bone Collection serait déjà bien plus digeste.

Je pense malgré tout que Kirarazaka a probablement du mal à tenir le rythme hebdomadaire imposé par le Jump. J’ai relu le premier chapitre avant d’écrire cette critique, et honnêtement, le dessin est bien meilleur. Tout est plus digeste, et si quelques cases restent moches, le tout est bien plus digeste. De même, dans les derniers chapitres, ceux du tome 2, le dessin s’améliore progressivement. Alors peut-être que ce n’est qu’une petite erreur de début de parcours, certes. Mais ça peut coûter cher, et vu les classements actuels de Bone Collection c’est ce qui semble se passer…


Prototype de prototype de one-shot

Bone Collection est un manga imparfait. Je n’irai pas jusqu’à dire que c’est un manga raté, car sur le papier, il a tout pour être un bon nekketsu. Mais là en l’état, on dirait un protoype pour un one-shot, pas un manga sérialisé… Le scénario est inexistant, je n’ai absolument rien compris en lisant 3 fois les 7 premiers chapitres. L’humour est… Original, mais pas dans le bon sens du terme (sous vos yeux ébahis, la chanson du vomi ci-dessus). L’univers est, comme le scénario, sous développé.

Et les personnages, c’est la même chanson. Le personnage principal est insupportable au possible, sans compter qu’il possède sans doute l’un des chara-design les plus moches du manga. Concernant le reste des protagonistes, Rino, l’amie d’enfance, est celle qui s’en sort le mieux, sans doute parce qu’elle reste assez basique et en retrait. Mais Paira, l’héroïne, c’est quelque chose…. Horrible, insupportable, détestable, affreuse. Prenez ces 4 adjectifs, ajoutez du fan-service à base de soutien-gorge et de mensurations élevées au niveau de la poitrine et vous avez votre héroïne !

Au final, Bone Collection est un manga qui me frustre plus qu’autre chose, car il avait tout pour devenir au mieux une lecture excellente et au pire un manga très moyen que j’apprécié, comme ZIPMAN!!. Il aurait tout gagné à avoir maturé pendant encore quelques mois avant d’être lancé dans le Jump. Mais là en l’état, Bone Collection est un manga qui n’a pour lui absolument rien, tant il est abouti absolument nul part.

Malgré tout, j’ai été assez enthousiaste lors de ma lecture de Bone Collection. En tout cas le 1er chapitre, parce que après c’est une autre histoire

Je reste malgré tout persuadé qu’il existe une timeline où tu es un excellent manga Bone Collection, timeline où tu a commencé fin 2020 ou début 2021. Parce que là, tu mérite à peine de finir à la poubelle, et c’est une insulte pour les poubelles

Notation:

Personnages: 05/20

Scénario: 06/20

Ambiance et Univers: 04/20

Dessins: 04/20

Plaisir de Lecture: 07/20

Total : 26/100 = 5,2/20

Bone Collection est un manga gâché. On part d’un premier chapitre assez agréable, pour finalement finir au fin fond des enfers dès la fin de son tome 1. Il faudra voir son futur, mais je suis très très pessimiste concernant l’avenir de ce manga qui avait pourtant toutes les cartes en main.

L’Histoire de Nintendo Episode FINAL : Un Futur rouge Nintendo

Bonjour à tous et bienvenue dans le dernier épisode de L’Histoire de Nintendo. Après avoir vécu pendant 5 mois l’intégralité de L’Histoire de Nintendo, de l’année 1889 à la crise sanitaire liée au COVID-19, je vous propose un épisode bilan, de ce qui a été ma première expérience en tant que chroniqueur sur un site de ce genre. Encore une fois, merci à vous de m’avoir lu tout au long de cette chronique !

Cet épisode bilan sera en 2 parties. Tout d’abord, je ferai un résumé de l’histoire de Nintendo sous forme de liste, avec les dates et les événements que je juge important. Puis je m’intéresserai rapidement au futur de Nintendo, avant de conclure.

Bien évidemment, si vous souhaitez avoir plus de détails concernant tel ou tel événement, je vous invite à aller lire les 9 épisodes de la chronique. Je vais ici simplement résumer les événement sans rentrer dans les détails.

Nintendo : d'une entreprise artisanale à une multinationale ...
  • 1889 : Fondation de Nintendo Koppaï par Fusajiro Yamauchi.
  • 1929 : Sekiryo Yamauchi devient le 2ème PDG de Nintendo Koppaï.
  • 1933 : La société change de nom pour devenir Yamauchi Nintendo & Co.
  • 1949 : Hiroshi Yamauchi devient le 3ème PDG de Yamauchi Nintendo & Co.
  • 1962 : Yamauchi Nintendo & Co. devient Nintendo Co. Ltd.
  • 1965 : Gunpei Yokoi entre chez Nintendo.
  • 1969 : L’Ultra Hand, premier jouet de Nintendo, sort.
  • 1980 : Création et lancement des Game and Watch.
  • 1982 : Fondation de Nintendo of America.
  • 1983 : Sortie de la Famicom.
  • 1985 : Sortie de la Famicom aux USA, sous le nom de Nintendo Entertainment System (NES). Sortie de Super Mario Bros.
  • 1986 : Sortie de The Legend of Zelda.
  • 1989 : Sortie du Game Boy, 1ère réelle console portable de la firme.
  • 1990 : Sortie de la Super Famicom. Création de Nintendo of Europe.
  • 1992 : Sortie de la SNES.
  • 1993 : Création de nombreuses filiales européennes, comme Nintendo France ou Nintendo of Netherlands.
  • 1995 : Sortie du Virtual Boy, premier gros échec de Nintendo.
  • 1996 : Sortie de la Nintendo 64 et de Pokémon Aka et Midori au Japon.
  • 1997 : Mort de Gunpei Yokoi
  • 2001 : Sortie du Game Boy Advance, successeur du Game Boy. Sortie de la GameCube au Japon est aux USA en fin d’année.
  • 2002 : Hiroshi Yamauchi démissionne. Satoru Iwata devient le 4ème PDG de Nintendo. Minoru Arakawa démissionne de son poste de PDG de Nintendo of America. Rareware est rachetée par Microsoft
  • 2003 : Sortie du Game Boy Advance SP.
  • 2004 : Sortie de la Nintendo DS au Japon et aux Etats-Unis.
  • 2006 : Sortie de la Wii.
  • 2011 : Sortie de la Nintendo 3DS.
  • 2012 : Sortie de la Wii U
  • 2015 : Mort de Satoru Iwata, 4ème PDG de Nintendo. Tatsumi Kimishima devient le 5ème PDG de l’entreprise le 14 septembre
  • 2017 : Sortie de la Nintendo Switch.
  • 2018 : Shuntaro Furukawa devient le 6ème PDG de l’entreprise.
  • 2019 : Reggie Fils-Aimé quitte son poste de président de Nintendo of America.

130 années plus que chargées d’histoire. Nintendo a vécu de nombreuses choses. Une petite entreprise familiale qui fabriquait des hanafuda, qui a par la suite grandie, pour essayer de s’exporter. Le 3ème président aura diversifié les activités de la firme, qui aura finie par devenir l’une des sociétés leaders du marché du jeu vidéo. Cependant, si on connaît l’histoire de Nintendo, pouvons-nous essayer d’imaginer son futur.

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C’est le dernier épisode, alors je m’autorise un petit aparté sur ce qui me plaît le plus : les théories sur le futur. Que fera Nintendo après la Switch, qui devrait être là jusqu’à 2024 environ ? Une Switch 2 ? Ou pourquoi pas, un retour dans la course à la puissance ?

Honnêtement, je ne pense pas que Nintendo retournera dans la course à la puissance. En 2024, la Wii aura 18 ans, 18 ans qui auront plus été marqués par des succès que par des échecs… Donc pourquoi s’arrêter ? Surtout que cette stratégie (utiliser des composants datés), vient de Gunpei Yokoi, et ça aura sauvé Nintendo plus d’une fois. Les 4 consoles portables historiques de la firme se basent sur ce concept, et au final elles auront toutes été leader de ce marché.

Pour ce qui est de l’après Switch, je pense que Nintendo va continuer avec les consoles hybrides. La Switch est un immense succès et je ne vois pas ce qui empêcherait Nintendo de continuer sur cette voie. Cependant, j’espère que l’échec de la Wii U est encore dans les esprits des têtes pensantes de la firme… En espérant que la Switch Alpha ne voit pas le jour ! J’estime également que le format des « consoles 1.5 » comme la Playstation 4 Pro ou la Xbox One X va arriver chez Nintendo, tôt ou tard. Si on a déjà eu l’inverse, avec la Nintendo Switch Lite, qui est une entré de gamme, une « Nintendo Switch Pro » risque aussi d’arriver. Cela permettrait d’avoir une console plus proche des standards techniques d’aujourd’hui. Avec l’arrivée de la Playstation 5 et de la Xbox Series X en fin d’année, Nintendo va devoir réagir pour ne pas avoir plus d’une génération de retard sur ce point. Une Nintendo Switch Pro/Nintendo Switch + ou peu importe son nom pour 2021, c’est possible !

Concernant les licences, c’est bien plus compliqué. Nintendo est connu pour ses innovations légendaires comme avec le système de lock inventé avec The Legend of Zelda : Ocarina of Time ou la magnifique transition à la 3D de Mario. Depuis peu, Nintendo a commencé à renouveler son catalogue, comme avec ARMS ou Astral Chain, 2 jeux dont j’espère voir une suite d’ici peu. Les licences légendaires de la firme continueront à vivre, c’est sur et certain ! Mario, Pikachu, Link et Kirby continueront à nous faire rêver, nous et les générations futures.

Après, ce n’est qu’une supposition, et seul le futur pourra apporter une réponse à nos questions ! Nintendo reste maître de sa destinée et de son futur, mais nous sommes aux premières loges du spectacle qui se déroulera dans plusieurs années.

Et qui sait, peut-être que cette rubrique reviendra lorsque suffisamment d’eau aura coulé sous les ponts afin d’avoir suffisamment de choses à dire pour un 11ème épisode !

Merci à vous de m’avoir suivi pendant ces 5 mois. Cette rubrique touche aujourd’hui à sa fin, en tout cas pour l’instant. Peut-être qu’elle reviendra à l’avenir, mais pour l’instant elle rentre dans un profond sommeil. Encore une fois, merci à vous de m’avoir suivi et à bientôt au bar de la taverne !