Les Lectures d’Amano N°43 : Blue Period T1

Il existe des mangas sur quasiment tout. Du shonen classique à ceux reprenant des textes religieux, il y en a pour tout les goûts. Mais ironiquement, l’un des thèmes les moins représentés dans cet art, c’est justement celui de représenter les autres arts. Des mangas ayant pour thème le cinéma, le jeu vidéo, ou même le manga en lui-même, ça ne court pas les rues. Et même parmi les mangas traitant de ces thèmes, ils sont souvent mélangés à d’autres genres. Par exemple, Bakuman ou Hitman ajoutent un côté romance à l’aspect « monde du manga » qu’ils traitent. Le constat est clair : le manga artistique est un genre sous-représenté. Mais peut-être que cela va changer…. Laissez-moi vous parler du tome 1 de Blue Period, série disponible chez Pika, et ce, sans spoiler.


Une mangaka informée

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Voilà comment on pourrais résumer l’incipit de Blue Period :

Yatora Yaguchi est un élève assez populaire qui excelle dans ses études à l’école, mais qui a souvent affaire au vide intérieur et aux frustrations. Un jour, il est devenu tellement fasciné par une peinture au club d’art de son lycée que cela l’a inspiré à s’essayer à la peinture. Plus tard, il a été inspiré par un ami Ryuji et a ensuite rejoint le club d’art, devenant plus profondément impliqué, et tente de postuler à l’Université des arts de Tokyo comme son choix d’université.

Résumé du scénario de Blue Period

Je reviendrais bien évidemment après sur la gestion scénaristique de cet incipit et comment le manga arrive à gérer ce domaine artistique.

Blue Period est donc un manga de Tsubasa Yamaguchi prépublié dans le Monthly Afternoon de Kodansha. Il s’agit de la première série longue de cette auteure, qui avait publiée avant un one-shot du nom de Kanojo to Kanojo no Neko. Et ce qui est très intéressant avec Yamaguchi c’est ses études.

Elle est diplômée de l’université de Geidai, soit, l’université des Beaux-Arts de Tokyo, qui est JUSTEMENT l’université où cherche à aller notre protagoniste. Ainsi Yamaguchi glisse énormément d’informations sur le monde des universités artistiques japonaises dans ce tome 1, tant tirées d’étude que d’informations personnelles, ce qui est heureusement indiqué par la version française de Pika à l’aide de petites astérisques !

De part son statut de diplômée des Beaux-Arts, Yamaguchi a énormément de connaissances dans tout ce qui touche au domaine artistique, et elle laisse tout ça paraître dans Blue Period. Et ça se sent dès le tome 1, bien qu’on sente bel et bien qu’elle ne fait que gratter la surface avant de réellement plonger dans l’océan infini du monde de l’art.


D’excellentes idées

Blue Period est un manga plus qu’intéressant, et ce pour pas mal de raisons. Mais on retiendra surtout le domaine traité dans Blue Period, à savoir le domaine artistique. Personnellement, ce qui m’a tapé dans l’œil en lisant ce tome 1, c’est à quel point ce manga est à la fois très proche et très éloigné des mangas de sports.

Le plus gros point fort de Blue Period au niveau de l’écriture est à ce stade clairement son protagoniste. Car contrairement à pas mal de protagonistes, Yatora Yaguchi n’est pas noble. Il n’a pas de grand but dans la vie et est très terre-à-terre. Ainsi, une grande partie du tome va être dédié à un énorme conflit psychologique entre la raison de Yatora et son envie de peindre, surtout que Yamaguchi arrive à donner un côté vraiment très « shonen » aux concours d’entrée aux universités d’arts, et on imagine très facilement que cela va constituer le premier gros arc scénaristique de ce manga.

La plus grande force de l’écriture et de la mise en scène de Yamaguchi, c’est de réussir à rendre le domaine de la peinture bien plus attrayant en lui donnant un véritable aspect difficile à décrire avec de simples mots, puisque Blue Period est également un manga qui brille de par le trait de son auteur. Car oui, LE point sur lequel Yamaguchi excelle le plus est à mon sens le dessin. Il n’est pas dynamique comme l’artstyle d’Isayama, ne livre pas de paysages magnifiques comme celui de Suzuki et n’est pas expressif tel celui d’Akasaka. Ce qui fait la force de l’art de Yamaguchi, c’est sa gestion des ombres et de la gestuelle statique de ses personnages. Yamaguchi ne montre pas particulièrement d’actions, mais elle les suggère. Ses personnages gardent souvent une allure statique, mais qui suggère un mouvement passé il y a peu ou arrivant incessamment sous peu. Cet aspect est d’autant plus sublimé par LA plus grande force de l’art de Yamaguchi : le relief qu’elle arrive à créer et sa gestion parfaite de la perspective.

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Côté écriture, Blue Period n’est pas en reste, même si fatalement, le tout est bien moins marquant que l’aspect graphique. Le tome 1 est très intéressant sur ce point grâce à l’écriture d’un gros dilemme psychologique. Ce dilemme sera d’ailleurs utilisé comme « prétexte » scénaristique afin d’introduire petit à petit le monde de la peinture à Yatora. Ce n’est pas un défaut, loin de là ! Juste que c’est trop rare de voir des mangas qui prennent vraiment leurs temps aujourd’hui, et Blue Period apparaît réellement comme une très grosse bouffée d’air frais.

CatégorieNoteAvis résumé
Personnages16,5/20Pas mal de personnages intéressants, mais difficile de juger avec uniquement un tome 1. Mention spéciale au gros débat psychologique qui occupe la moitié du tome.
Scénario13/20Le point faible du manga actuellement. Tout est assez lent, et si ça promet par la suite, on reste face à une grosse introduction intéressante mais lente
Ambiance et Univers14/20Le domaine dans lequel Blue Period peut le plus progresser selon moi. Ce qu’on a dans le tome 1 est correct, mais on reste légèrement sur notre faim…
Dessins18,5/20Le gros point fort du manga à l’heure actuelle, c’est indéniable. Certaines planches sont très contemplatives pour le plaisir de nos rétines !
Plaisir de Lecture16/20Un plaisir de lecture qui fluctue pas mal, mais le titre reste très accrocheur, avec pas mal de passages très intéressant
Total78/100
= 15,6/20
Un premier tome très prometteur
qui ne laisse augurer que du meilleur pour la suite !

Blue Period est un manga au très gros potentiel. Son tome 1 est loin d’être parfait, mais ça reste une excellente lecture que je vous recommande chaudement. Le soin apporté à l’édition française se remarquent également, avec un léger relief sur la couverture et surtout des pages couleurs ! Un très bon incipit disponible chez Pika Editions !

Le tome 2 sera disponible chez Pika le 17 mars prochain ! Il promet de enfin nous plonger bel et bien dans le monde artistique qu’on aperçoit brièvement tout au long de ce premier tome ! Je vous en parlerai à coup sûr ! (Pas forcément à la sortie, puisque j’ai quand même 15 épisodes déjà prévus…)

Sur ce, merci de m’avoir suivi pour ce 43ème épisode des Lectures d’Amano ! Il est fatalement un peu plus court que celui sur Oshi no Ko, car je souhaitait avant tout vous montrer les 2 types d’épisodes des Lectures d’Amano : ceux dans le style de cet épisode 43, une review que j’estime assez complète, et ceux dans le style ce l’épisode 42, penchant plus du côté de l’analyse !

L’épisode 44 sortira en début de semaine prochaine et abordera les 5 premiers tomes de Iruma à l’Ecole des Démons, une grosse surprise de chez Nobi Nobi ! Sur ce, à très bientôt, et pour ceux qui me suivent sur YouTube, je vous donne rendez-vous en fin de semaine pour un AmanOricon !

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