L’Histoire de Nintendo : Episode 5 : Une 64 pas si Ultra… (1995-2000)

Bonjour à tous et bienvenue dans le 5ème épisode de L’Histoire de Nintendo, qui marque la moitié de la saison 1 ! En effet, cela va faire maintenant 2 mois que cette chronique a été lancée et nous arrivons à la moitié ! Après ça, il nous restera 4 vies à retracer : celle de la GameCube, celle de la Wii, celle de la WiiU et celle de la Switch !

On s’était arrêté en 1995. La SNES a alors bientôt 5 ans, et il va falloir déjà commencer à préparer la suite… Car si pendant un temps, Nintendo a essayé de garder sa console vivante en lui ajoutant des extensions, comme SEGA avec sa Mega Drive, mais les contrats n’aboutissant pas, Nintendo commence à préparer la succession de sa console de 4ème génération…

Cependant, la bataille à venir sera encore plus ardue que la précédente. Rappelez-vous, dans l’épisode 4, je vous parlais d’un contrat entre Sony et Nintendo qui n’avait pas abouti, contrat qui visait à créer un support CD à la SNES.

PlayStation 1

Pour la petite histoire, Nintendo, en relisant le contrat signé avec Sony, s’empressa de changer de partenaire, et choisit Philips. Mais que contenait ce fameux contrat ? Il stipulait que Sony, et non Nintendo, était propriétaire des jeux qui sortaient sur le support, et donc que les jeux SNES-CD, même ceux des licences Nintendo, appartiendrait à Sony.

Au final, aucun support CD de la SNES ne sera crée… Il ne restera de ce contrat que 4 jeux maudits sur la console de Philips, car le contrat les laissaient propriétaires de 4 jeux estampillés Mario et Zelda. Hotel Mario, et la Triforce de la Honte : Link Faces of Evil, Zelda Wand of Gamelon et Zelda’s Adventures… Ce fut la 1ère et dernière aventure de Philips dans le jeu vidéo.

Sony, de son côté, commence à travailler sur une console de salon, la Playstation, à partir de 1991. Si quelques accords avec Nintendo furent envisagés, afin de sécuriser financièrement la machine, Sony fit finalement route seul et commença à travailler sur sa Playstation, qui sortira finalement le 3 décembre 1994 au Japon, puis en 1995 dans le reste du monde.

Virtual Boy

1995 marque également l’année de lancement du successeur de la Game Boy, le Virtual Boy. Gunpei Yokoi souhaite alors quitter Nintendo, car il ne retrouve plus l’esprit du petit fabriquant qu’il y avait dans les années 70 et 80. Il décide alors de livrer un dernier produit, une dernière console avant de partir vers de nouveaux horizons.

Le Virtual Boy se présente comme un casque de réalité virtuelle, composé de 2 écrans à LED rouges et noires qui se superposaient. Cependant, la console sera un énorme échec commercial, avec 800 000 unités vendues en Amérique et au Japon, il n’y a même pas eu de sortie européenne.

La console provoquait des maux de têtes, le système bipied sur lequel reposait le casque était peu ergonomique, la manette était très étrange… Les raisons de l’échec du Virtual Boy sont nombreuses. Suite à ça, Gunpei Yokoi quittera Nintendo et la Game Boy reprit du service. L’échec du Virtual Boy sonne un peu comme le dépit de 10 ans compliqués pour Nintendo…

Project Reality

De l’autre côté, la console nouvelle génération de Nintendo avance petit à petit. D’abord nommée « Project Reality », elle sera finalement renommée « Ultra 64 » lorsqu’une première version sera présentée au public en mai 1994. Le 5 mai, Nintendo fera d’ailleurs l’annonce qui, pour beaucoup, scella alors le destin de la machine : la prochaine console de Nintendo utilisera, à la manière de la NES et de la SNES, des cartouches.

Et c’est cette décision qui va faire fuir les éditeurs tiers. Nintendo a choisi de conserver le support cartouche pour 2 raisons : premièrement, cela coûtait moins cher de produire des cartouches et des consoles à support cartouche, en restant de la volonté de Yokoi d’avoir le prix de vente le plus bas. Deuxièmement, les temps de chargement était bien plus courts sur cartouche que sur CD. Mais les cartouches permettaient d’accueillir bien moins de données que le CD.

Ainsi, seul Acclaim (Les 2 premiers Mortal Kombat et Turok) est intéressé par la machine, et si d’autres studios comme LucasArts ou Electronic Arts rejoindront l’aventure par la suite, aucun d’entre eux n’est japonais, les studios comme Square Enix étant parti sur Playstation.

Nintendo 64

La Nintendo Ultra 64 (3ème nom provisoire) va également prendre du retard par rapport à ses concurrentes… le 24 novembre 1995, son aspect définitif est plusieurs jeux sont présentés au Nintendo Space World, soit un an après la sortie de la Sega Saturn et de la Playstation de Sony. 2 jeux sont jouables, Super Mario 64 et Kirby’s Air Ride 64, qui sortira finalement sur Gamecube, et 17 présentés sous forme de vidéos, avec notamment Mario Kart 64, Zelda 64, Goldeneye 007 ou Star Wars : Shadows of the Empire.

La console reçoit des accueils élogieux par la presse d’époque, son stick analogique, une première sur une console, est salué comme une révolution et Super Mario 64 conquit déjà le cœurs des joueurs, et la puissance de la console, 64-bit contrairement aux 32 de ses concurrentes, est impressionnante. Cependant, la console va encore prendre du retard…

Super Mario 64

Elle sortira finalement au Japon le 23 juin 1996, sous le nom de « Nintendo 64 ». Le nom « Nintendo Ultra 64 » a été abandonné, tout comme d’autres comme « Ultra Famicom » ou « Famicom 64 ». Seul 3 jeux seront finalement disponibles au lancement : Super Mario 64, Pilotwings 64 et Saikyo Habu Shogi. La console sortira en septembre 1996 aux Etats-Unis et tout au long de l’année 1997 en Europe.

Mais si la Nintendo 64 semble être mal engagée face à une Saturn morte-née et surtout face à une Playstation qui écrase tout le monde, le Game Boy, de son côte, continue son petit bonhomme de chemin après la mort du Virtual Boy. Et si la portable de Nintendo est désormais considéré comme une mamie, un jeu va lui donner un coup de boost et la propulser à nouveau dans le cœurs des (jeunes) joueurs.

Pokémon Midori comme j'aime l'appeler

C’est le 27 février 1996 que sort au Japon ポケットモンスター 赤・緑, ou « Poketto Monsuta Aka Midori », qu’on traduirait par  » Monstre de Poche versions Rouge et Verte », mais la licence est bien plus connue sous le nom de Pokémon. Réussir à relancer les ventes d’une console portable qui allait sur ses 8 ans et qui était déjà techniquement en retard à sa sortie, c’est un coup de génie que personne n’aurait pu prévoir.

Premier jeu à passer le seuil des 10 millions de ventes au Japon, pour un total de 31 millions aujourd’hui, Pokémon Rouge/Bleu/Vert/Jaune a marqué l’histoire du jeu vidéo et l’histoire de Nintendo. Grâce à ce jeu, la console portable de Nintendo fut la première console de l’histoire à dépasser les 100 millions d’unités vendues, à l’aube de l’an 2000.

Game Boy Color

La portable de Nintendo commença alors la fin de sa vie. Une version de la Game Boy avec un écran en couleur sortit en 1998, nommée le Game Boy Color, mais aussi d’autres versions améliorant la console, comme le Game Boy Light, avec un écran rétroéclairé. Le dernier jeu de la console sera la suite de Pokémon Rouge et Bleu, Pokémon Or et Argent, avant que n’arrive la succession, en 2001…

Cependant, si le Game Boy a eu une fin de vie paisible, ce ne fut pas la même affaire pour la Nintendo 64… La console ne réussira jamais à rattraper son retard face à l’ogre Sony, et pour la première fois depuis le lancement de la NES en 1983, Nintendo n’était plus leader du marché des consoles de salon…

Au final, ce sera 32 millions de N64 qui seront écoulées à travers le monde, contre 104 millions de Playstation… La console sera sans doute sortie trop tard, avec trop peu de jeux par rapport à sa rivale, probablement à cause du support cartouche.

Nintendo 64DD

Nintendo aura d’ailleurs essayé de rectifier ce tir avec le 64DD, un lecteur de disquette, extension de la 64, en développement depuis 1994. L’extension suivra le destin de la console de base et sera décalé de 1997 à fin 1999, au Japon uniquement. Le manque de jeu et surtout, l’amélioration du format des cartouches, avec par exemple Resident Evil 2 qui tenait dans une cartouche 64 basique de 64,45 Mio (le format des disquettes du 64DD), feront du 64DD un autre échec.

La 64 aura surtout brillé de par son catalogue, qui contient encore aujourd’hui nombre de jeux inoubliables pour les joueurs et révolutionnaires pour l’histoire. The Legend of Zelda : Ocarina of Time, inventeur du système de lock, Super Mario 64, qui a écrit les codes du jeu de plateforme en 3D, Super Smash Bros, qui a initié la série de jeu de combat la plus populaire de l’histoire, Goldeneye 007 et Banjo-Kazooie, qui représentent l’apogée créative de Rare ou Paper Mario, prémices du spin-off Mario le plus apprécié…

The Legend of Zelda: Ocarina of Time

La machine restera un semi-échec pour l’histoire. Nintendo la ressortira en 2003 en Chine, sous le nom de iQue Player, avec une manette différente. Aucun chiffre de vente n’est disponible, empêchant de juger de sa performance là-bas.

Nintendo commence à préparer l’après Nintendo 64 dès 1998. Le projet sera révélé au grand jour lorsque le développeur américain Retro Studios acceptera de signer un contrat d’exclusivité avec Nintendo pour développer des jeux pour une nouvelle console.

Lors de l’E3 1999, Howard Lincoln, président de Nintendo of America, déclare que Nintendo travaille sur une nouvelle console, pour l’instant nommé Project Dolphin, prévue pour fin 2000. Après une 5ème génération en demi-teinte pour Nintendo, le Project Dolphin ramènera-il la firme au sommet ?

Réponse au prochain épisode…

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