Critique N°30 : Au fur et à mesure de JoJo’s Bizarre Adventure Final : Steel Ball Run

5 mois…. 5 longs mois auront été nécessaire afin que je sois à jour dans JoJo’s Bizarre Adventure. 5 mois et 7 critiques… Phantom Blood, Battle Tendency, Stardust Crusaders, Diamond is Unbreakable, Vento Aureo, Stone Ocean et aujourd’hui Steel Ball Run, apothéose des critiques de l’oeuvre d’Araki, mais bien avant-dernier article sur JoJo. Je vous en dirai plus samedi….


L’apogée de l’art d’Araki

Steel Ball Run tome 1

Steel Ball Run marque donc une véritable rupture avec les parties précédentes. Cependant, contrairement à Stardust Crusaders qui était également une rupture au niveau des combats, Steel Ball Run est aussi un reboot au niveau de l’univers. Au revoir le XXIème siècle et les héritiers de Dio, nous voilà en 1890, à l’est des Etats-Unis, pour vivre la plus grande course équestre de l’histoire…

Steel Ball Run nous narre l’histoire de Johnny Joestar, ancien jockey de génie devenu paraplégique suite à une agression. Alors qu’il s’apprête à assister au départ de la course équestre Steel Ball Run, il rentre en contact avec Jayro Zeppeli et surtout avec une de ses boules de métal qui font bouger ses jambes….

Johnny s’inscrit donc à la Steel Ball Run afin de gagner l’honneur de Jayro et d’apprendre la mystérieuse Rotation. Cependant, le but de la Steel Ball Run est bien plus noir qu’il n’y paraît…

Johnny Joestar

Steel Ball Run possède les meilleurs personnages de toute la série. Dio, Jonathan, Joseph, Kira, Jotaro, Polnareff, Diavolo, Pucci, Jolyne… Aucun n’arrive à la cheville des personnages de Steel Ball Run. Chaque personnage de Steel Ball Run possède un passé développé et intéressant (à l’exception de certains méchants secondaires, comme D-I-S-C-O) et surtout, ils sont tous humains. Aucun personnage de Steel Ball Run n’est parfait au niveau de leur convictions et de leurs objectifs.

Il n’y a pas de personnages tous blanc ou tout noir, mais pleins de nuances de gris. On sent que l’auteur franchit enfin un cap qu’il essayait d’atteindre depuis Diamond is Unbreakable. Dans la partie 4, il essayait de rendre Kira plus humain, notamment avec les arcs où il occupe le rôle principal (« Kira Yoshikage veut vivre paisiblement », et les arcs « Stray Cat » et « Bites the Dust »).

Dans Vento Aureo, c’est les protagonistes qui par moment semblaient pas si « gentils » que ça avec le cadre mafieux de la partie, même si c’était assez maladroit et vite abandonné.

Enfin, dans Stone Ocean, on a un groupe de protagoniste criminel. Ici le flou entre protagonistes et antagonistes était bien plus clair avec l’opposition entre un groupe de criminels qui était les protagonistes et un antagoniste religieux et prêtre.

Cependant, dans Steel Ball Run, cette ambiguïté se fait bien plus sur le niveau psychologique. Ainsi, si Johnny cherche à déjouer les plans de l’antagoniste, il est tout de même assez égoïste en cherchant à conserver l’objet de leur quête à tout pris afin de pouvoir retourner au sommet du monde de l’équitation. De même pour Jayro, qui cherche au début à gagner la Steel Ball Run sans se soucier de ce qui se passe à côté.

Jayro Zeppeli, sans doute mon personnage préféré de JoJo

La qualité des personnages est ce qui saute directement aux yeux quand on lit Steel Ball Run. Que ce soit au niveau du design, qui mélange habilement le côté western avec des vêtements bien plus atypiques (parfois, on a l’impression que Johnny porte juste une combinaison) ou au niveau de l’écriture et de leurs caractères.

Chaque personnage principal de Steel Ball Run est une réussite sur tout les points (Johnny, Jayro, Lucy, Valentine, Hot Pants et Diego, pour ne citer qu’eux) même la plupart des personnages secondaires sont très réussis (Weakapipo, Pocoloco, Mountain Tim et surtout Rindo Roadagain).

Araki conclut chaque arc narratif de ses personnages, certains arrivant à trouver la gloire qu’ils recherchaient, tandis que d’autres échoueront et mourront en chemin. Steel Ball Run est une oeuvre tragique dirigée de main de maître par Hirohiko Araki, qui peut enfin exprimer l’intégralité de son art, étant donné qu’il n’est plus dans un magazine shônen hebdomadaire, mais dans un magazine seinen mensuel.


La quintessence de l’univers de JoJo

L'univers de Steel Ball Run se base sur des références à l'ancien. Ici, Magenta Magenta, l'une des références à Kars avec Blackmore

« Pourquoi est-il nécessaire de lire les 6 parties précédentes si Steel Ball Run est un reboot ? »

De nombreuses personnes se sont posées cette question, et peut-être que vous en faites partie, cher lecteur. Laissez-moi vous répondre.

Afin d’apprécier totalement Steel Ball Run, il est nécessaire et OBLIGATOIRE de lire les 6 parties précédentes de JoJo’s Bizarre Adventure, car la 7ème partie de JoJo fait de nombreuses références aux 6 premières.

Que ce soit à travers les designs de nombreux personnages, qui inspirent ceux de Steel Ball Run (Pucci, Kars, Hol Horse, Dio, Avdol…) ou à travers les noms des personnages (Jonathan, Caesar, Will, Dio, la famille Higashikata, Danny…), Steel Ball Run est un véritable hommage à l’univers qu’Araki a bâti pendant plus de 15 ans, du chapitre 1 de Phantom Blood au chapitre 158 de Stone Ocean.

Le dessin d'Araki qui fait encore un bond en avant

Même au niveau du dessin, Steel Ball Run marque un bon en avant, alors qu’Araki avait déjà atteint un très grand niveau de maîtrise avec Stone Ocean. Il est difficile de décrire à quel point le dessin de Steel Ball Run est grandiose. Des traits à la fois plus fins et plus marqués, des décors plus agréables à l’œil et des dessins encore plus dynamiques…

Steel Ball Run marque encore un cap dans l’évolution du dessin de JoJo, c’est indéniable !

Je vais désormais m’attaquer au scénario et à l’univers de Steel Ball Run.

Cependant, je vais être obligé de spoiler afin de vous décrire tout ce que j’aime dans Steel Ball Run.

Personnes n’ayant pas encore lu Steel Ball Run (honte à vous ^^), laissez un j’aime, abonnez-vous au blog, merci de votre lecture ^^ car désormais, je vais analyser l’univers de Steel Ball Run, donc si vous voulez garder toute la surprise, gare à vous !


Un révolution surprenamment extraordinaire

Tusk, le Stand de Johnny, sous sa première forme, ACT 1

Steel Ball Run change aussi totalement les règles autour des Stands, 15 ans après Stardust Crusaders. Ainsi, le nombre de Stand est drastiquement réduit par rapport aux anciennes parties, et surtout, on voit très peu les Stands, et par « Stands », je parle de leur représentation physique, comme un Star Platinium ou un Whitesnake.

Dans Steel Ball Run, posséder un Stand a une portée bien plus symbolique. Comme dit au-dessus, on voit très peu les Stands en eux-mêmes, et bien plus leurs effets sur leurs porteurs. En même temps, jamais autant de Stands n’ont apportés autant de modifications physiques au corps de leur manieur, à tel point qu’on peut considérer ça comme une nouvelle catégorie de Stand. Scary Monsters, le Stand de Diego Brando ; Cream Starter, le Stand de Hot Pants ; Wired, le Stand de Pork Pie Hat Kid, Chocolate Disco, le Stand de D-I-S-C-O…

En plus de ça, chaque Stand est très original et chaque pouvoir n’est pas incroyable, ce qui permet d’avoir des Stands moins puissants, après la montée en puissance qu’avait initié Vento Aureo et Stone Ocean sur ce point.

Steel Ball Run nous propose des duels bien plus tournés sur la psychologie des personnages, que ce soit à travers les Stands, ou l’arrivée d’un nouveau pouvoir, la Rotation.

La Rotation, ou l'arrivée d'une Néo Onde

Car un reboot de la série ne pouvait pas se faire qu’avec un changement du système de Stand. L’Onde revient sous forme d’un alter-ego, avec la Rotation, technique héréditaire de la famille Zeppeli, que Jayro va transmettre à Johnny au fur et à mesure de l’avancement de la Steel Ball Run.

L’idée d’avoir d’un côté un Jayro utilisant la Spin et de l’autre un Johnny se basant bien plus sur son Stand est très intéressante, car elle lit les 6 premières parties de JoJo au niveau des capacités.

J’aime beaucoup la Rotation, et nul doute que si j’avais lu Steel Ball Run à 7-8 ans, j’aurais désespérément essayé de la pratiquer avec un bouton de champagne, tel Johnny durant la 2ème étape.

Bon, 2ème balise spoiler, car cette fois on va parler du scénario !

SPOILER ALERT, JE VAIS SPOILER TOUT LE SCENARIO DE STEEL BALL RUN !!!


Un scénario et un univers juste parfaits

Classement de la 2ème étape de la Steel Ball Run

Bon, on est entre nous ? Bien. Je trouve l’idée de la Steel Ball Run juste excellente. Une course équestre qui est tout aussi rythmée que Stardust Crusaders, mais qui arrive à laisser le lecteur respirer, c’est grandiose et très bien trouvé.

En plus de ça, j’était au début assez frileux quand au décor assez western,étant donné que c’est une période que j’aime peu. Mais au final, ça passe, et même plutôt bien. Araki se sert même de ce cadre pour faire plusieurs choses, comme une référence au duels des westerns dans l’arc de Rindo.

Vraiment l’idée de la Steel Ball Run est excellente et très bien menée, surtout quand on connaît sa conclusion et le but de son existence.

Oui y'a Jésus dans JoJo...

Car le but de l’antagoniste de Steel Ball Run, le président Funny Valentine, est de réunir les morceaux d’un corps Saint, qu’on suppose être celui de Jésus-Christ.

Déjà, le fait que le mot « Jésus » ne soit jamais prononcé durant une grande partie de Steel Ball Run est génial. Si on peut imaginer ça comme de l’auto-censure afin de ne rien risquer, cela rajoute une dimension mystique au personnage, surtout quand on voit les effets qu’on chacun des morceaux de son corps (donner un Stand à l’utilisateur et produire des miracles).

Steel Ball Run joue avec le domaine du mystique et de la fantaisie, tout en proposant des thèmes bien plus sombres et graves à travers ses 2 antagonistes finaux, Funny Valentine, 23ème président des Etats-Unis, manieur du Stand Dirty Deeds Done Dirt Cheap (abrégé en D4C) et Diego Brando d’un autre monde, manieur du Stand THE WORLD (que je nommerai ANOTHER WORLD par la suite, car je trouve cette nomination de fans ultra stylée).


Une fin mélancolique et incroyable

Phantom Blood se terminait sur un nouvel espoir. Battle Tendency se terminait sur le retour des spectres du passé. Stadust Crusaders se terminait en apothéose sur la fin d’une aventure. Diamond is Unbreakable se terminait sur la continuation de la vie. Vento Aureo se terminait sur l’accomplissement d’un rêve. Stone Ocean se finissait sur une note bien plus mélancolique, sur le fait que la vie doit être vécue tant qu’on le peut encore.

Steel Ball Run, lui, se finit sur la fin de l’ascension de Jonathan « Johnny » Joestar. Il est disqualifié de la Steel Ball Run à la fin de la dernière étape, Jayro est mort face à Valentine, et Diego d’un autre univers est mort, tué par le contrecoup du pouvoir de Valentine qui l’a amené dans notre monde (Valntine qui est également mort).

Alors oui, l’idée de ramener un Diego alternatif après la mort du Diego original fait très fan-service, surtout pour en faire un antagoniste final avec le même Stand que celui qu’avait le Dio de Stardust Crusaders, que j’aime appeler ici ANOTHER WORLD, fait encore plus fan-service, alors qu’on avait un antagoniste final parfaitement fonctionnel, en la présence de Jill Funny Valentine.

Mais l’idée de voir Johnny perdre la Steel Ball Run est, à mes yeux, plus qu’une excellente idée, car Araki nous dit ici que c’est le voyage, et non la destination qui compte. J’aime surtout le fait de voir Pocoloco la gagner, il aura été un gag jusqu’au bout celui-là !

Au final, Steel Ball Run ne se conclut pas sur l’accomplissement d’une quête, mais sur l’histoire d’un homme qui a appris à se relever et à grandir, autant sur le plan physique que sur le plan mental. Et cet homme, c’est Johnny Joestar, jockey de génie, qui a traversé les Etats-Unis d’Ouest en Est.

Notation:

Personnages: 20/20

Scénario: 20/20

Ambiance et Univers: 20/20

Dessins: 20/20

Plaisir de Lecture: 19/20

Total : 99/100 = 19,8/20

Steel Ball Run est un chef-d’oeuvre. Aboutissement de plus de 10 ans de travail de Hirohiko Araki, la 7ème partie de JoJo’s Bizarre Adventure nous transporte et nous fait rêver et pleurer de bout en bout. JoJo est un chef-d’oeuvre et mon manga préféré, Steel Ball Run me l’a assuré. Que ce soir les personnages, le scénario ou l’univers, Steel Ball Run réussit partout, sauf au niveau de la fluidité de lecture, car certains arcs traînent un tout petit peu en longueur. Mais ça reste un chef-d’oeuvre à lire au moins une fois…

Merci à vous d’avoir lu cette dernière critique sur JoJo, mais qui ne sera pas le dernier article sur cette merveilleuse série. Je vous donne rendez-vous le

3 mai 2020

Pour une Analytique dédiée à l’histoire et à l’héritage de JoJo’s Bizarre Adventure, afin de clôturer cette odyssée…

Merci Araki…

La fin de Steel Ball Run

Au fur et à mesure de JoJo’s Bizarre Adventure :

FIN

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