Analytique N°8: Les fins avortées de Dragon Ball

Image associée
Cette image est juste sublime

Aucun manga n’a et n’aura une aura aussi grandiose et brillante que Dragon Ball. C’est simple, quand vous demandez à quelqu’un quel est le premier manga qu’il a lu ou le premier anime qu’il a regardé, il y a énormément de chance qu’il vous réponde « Dragon Ball » ou « Dragon Ball Z ». L’oeuvre d’Akira Toriyama a juste initié la flamme grandissante de la passion du manga en France, une flamme qui est aujourd’hui tellement grande que la France est le 2ème pays le plus consommateur de manga, derrière le Japon (environ 26% des bandes dessinés vendues en une année en France sont des mangas pour vous dire, soit 1/4 du marché). Mais revenons à nos Sayajins. Dragon Ball est donc un manga qui s’est compilé en 42 volumes, et qui est paru entre 1984 et 1995. Avec une aussi grande longévité, on pourrait s’attendre à ce que Toriyama soit un gros bosseur… Mais non. Comme on l’a vu, le succès de Dragon Ball était tel que Toriyama a fini par détester son manga et a chercher à l’arrêter à la moindre occasion. C’est le sujet de l’Analytique d’aujourd’hui: nous allons analyser les fins avortées de Dragon Ball. Ah, et on ne parlera pas de Dragon Ball GT et de Dragon Ball Super, ce sera pour une autre fois.

Goku VS Freezer: La première « fin » de Dragon Ball:

Avant que Freezer ne revienne encore et encore jusqu’à devenir l’antagoniste le plus vaincu de la série, il était la menace suprême de l’univers de Dragon Ball: celui capable de détruire des planètes en levant uniquement le petit doigt, et capable de résister au vide spatial. Et toute la partie de l’histoire qui se passe sur Namek, soit les sagas Namek et Freezer, quasiment 10 tomes tout de même, tournait autour de cet ennemi qui était capable de balayer Végéta d’un revers de la main, Végéta qui était jusque là l’ennemi le plus puissant de la saga.

Mais en quoi Freezer est-il un bon antagoniste, et en quoi son arc aurait-il pu parfaitement conclure Dragon Ball ? Eh bien il faut d’abord que je vous définisse ce qui fait pour moi un bon antagoniste: c’est un personnage qui s’oppose naturellement aux héros, qui est un challenger à surmonter et qui, dans le cas d’un antagoniste final, est la personne la plus puissante de l’univers de l’oeuvre (que ce soit un jeu vidéo, un roman, un manga, un film….).

Par exemple l’Empereur Palpatine est un bon antagoniste final, pour ce qui est de la trilogie: il s’oppose naturellement à Luke, qui avec ses entraînements est devenu l’incarnation parfaite du Côté lumineux de la Force, alors que Palpatine est l’incarnation parfaite du Côté Obscur, il est celui qui a endoctriné Vador, et il est la personne la plus puissante de la Galaxie depuis la mort de Yoda. Simple et efficace. Et donc, Freezer dans tout ça ? Est-il un bon, ou un mauvais antagoniste final ? Voyons ça ensemble.

Résultat de recherche d'images pour "frieza final form namek"

Déjà, niveau design. Bon, si c’est difficile de vraiment faire une comparaison sans tomber dans le ridicule (Freezer a pas de vêtements mais Gokû si LOL !), on peut remarquer que Freezer, sous sa forme finale, a une carrure bien moins imposante que toutes ses autres formes, y compris la 1ère. Et c’est déjà un point qui diffère avec Gokû. À l’époque de la saga Freezer, Gokû avait deux « transformations » de connues: la forme « Oozaru » (sa forme Singe Géant) et sa forme « Kaïoken ».

Et ces deux formes avait tendance à rendre Gokû plus imposant: un singe d’une dizaine de mètres de haut, ça fait peur je suis désolé; et voire une aura rouge sang autour de ton adversaire qui a les veines qui ressortent, ça fait peur aussi. C’est donc une première opposition, bien que pour le fait de Freezer qui devient plus petit, c’est en accord avec ce qu’à dit Toriyama dans une interview, où il a dit qu’il aimait bien surprendre les lecteurs en rendant les personnages frêles souvent très puissants….

Mais passons à la deuxième différence, leur contexte de croissance. Gokû est un Sayajin qui a été envoyé sur Terre. Il a donc vécu sans connaître ses parents biologiques et a même fini par tuer accidentellement son grand-père adoptif. Il a donc grandi à la dure.

Freezer de son côté descend d’une famille royale, de l’espèce généralement nommé « Les Démons du Froid » (à cause des jeux de mots dans les prénoms: Freezer= congélateur, Cold=Froid, Cooler=glacière). On l’imagine donc passer une enfance choyé et pourrie-gâtée, ce qui se traduirait par sa tendance à s’énerver facilement et sa non-tolérance de l’échec (je suis l’aîné d’une fratrie de 3, je ne parle pas en connaissance de cause). Et puis ne parlons pas de leur comportement, là aussi totalement opposés.

Comme vous le savez probablement déjà, Gokû est un personnage altruiste par nature, qui certes aime le combat plus que raison, mais qui reste une « bonne personne » (sauf quand il s’agit d’éduquer ses enfants). Freezer, de son côté, est un personnage qu’on pourrait définir comme détestable: il se sert des Dragon Ball afin d’accomplir des objectif égoïstes, et évite le combat en envoyant des sbires (car il se considère comme la personne la plus puissante de la galaxie, quoique même dans le Tournoi du Pouvoir de Dragon Ball Super, il s’attaque au début à des adversaires au bord du ring ou faibles, en les prenant par surprise. Les deux personnages sont donc plus qu’opposés.

Image associée
Le Super Sayajin, pierre angulaire de la licence, aurait pu être la forme ultime de Son Goku et ne jamais avoir d’amélioration

Et puis rien qu’au niveau du scénario, la saga Freezer pourrait faire une parfaite conclusion: l’intégralité de la saga Namek tourne autour de la quête des Dragon Ball de cette planète, à l’instar de la toute première saga de Dragon Ball. Le clin d’oeil est tel que la saga Namek remet Bulma sur le devant de la scène, alors qu’elle avait écartée de l’action depuis la saga du Ruban Rouge.

La saga Namek conclut également le développement scénaristique de Gokû (parce que on va pas se mentir, dans les saga Cell et Buu, Gokû n’évolue pas tant que ça) en lui faisant accepter d’être un Sayajin et en montrant son amitié et respect envers Végéta.

Résultat de recherche d'images pour "goku burial vegeta"

Car ouais, si aujourd’hui cette scène ne sert au final à pas grand chose, en considérant la saga Freezer comme la dernière, ça voudrait donc dire que Végéta n’aura peut-être pas été ressuscité.

Mais surtout, l’arc Freezer c’est la transformation de Gokû en Super Sayajin, qui montre donc Gokû devenir le guerrier légendaire de son peuple et donc indirectement montrer son acceptation envers ses origines, alors qu’il les rebutait précédemment, surtout avec les mauvaises intentions de Raditz et les massacres commis par Nappa et Végéta.

Gokû illustre d’ailleurs son acceptation envers ses origines à la perfection avec cette réplique, dite à Freezer peu après sa transformation en Super Saiyajin: « Je suis Son Gokû, un Sayajin venu de la Terre pour te vaincre ! ». Vraiment l’arc Freezer aurait fait une excellente fin au manga, surtout quand on sait que si Dragon Ball s’était terminé à la saga Freezer, Gokû serait supposé mort en héros dans l’explosion de Namek, en protégeant la Terre et ceux qu’il aime de la menace de Freezer.

D’ailleurs, je vois certains arriver en me sortant que lorsque la saga Freezer s’achève, on sait que Gokû est vivant. Sauf que une fin se décide plusieurs semaines, voire mois à l’avance. Toriyama aurait donc très bien pu prévoir de tuer Gokû dans l’explosion de Namek avant d’être obligé de le ramener. C’est tout à fait possible. Donc Dragon Ball a continué, et Toriyama a du écrire une suite à son histoire.

La saga Cell: la meilleure « fin » de Dragon Ball:

Résultat de recherche d'images pour "cell saga"

Toriyama a donc été obligé de continuer Dragon Ball, mais il devait tout d’abord faire machine arrière afin de pouvoir échapper à la situation d’épilogue qui se profilait après la fin de la saga Freezer.

Ainsi, comme dit plus haut, Gokû est annoncé vivant grâce aux capsules du commando Ginyû, tandis que sur Terre, Freezer est une bonne fois pour toute tué par Trunks, nouveau personnage au centre de la saga à venir. Cette partie de l’histoire se compose donc de la saga Androïdes, où les nouveaux antagonistes, C-19, C-20, C-17, C-18 et C-16 sont des cyborgs crées pas le Dr. Gero, seul survivant de la défunte Armée du Ruban Rouge, anéantie par Gokû il y a des années.

Cependant, ces cyborgs se révéleront n’être que des outils afin de permettre à Cell, le véritable antagoniste de la saga, d’obtenir le corps parfait. Car Toriyama a galéré comme pas possible à trouver un antagoniste correct pour cette partie de l’histoire. Au départ, C-19 et C-20 devaient remplir ce rôle, mais son éditeur les trouvaient ridicule (je cite « Un clown et un vieillard ? »). Toriyama a donc du changer d’antagoniste.

Une fois que C-16, C-17 et C-18 sont arrivés, son éditeur n’était pas encore satisfait (je cite « Maintenant c’est des adolescents ». Toriyama a donc du ENCORE UNE FOIS changer d’antagoniste. Lorsqu’il a présenté Cell, son éditeur trouvait l’idée sympa, mais qu’il ressemblait trop « à une sauterelle ». C’est donc ainsi que l’idée de faire en sorte que Cell se transforme a été trouvée

Résultat de recherche d'images pour "cell all form"

Donc, Cell est-il un bon antagoniste final ? Oui, mais pas pour les mêmes raisons que Freezer. Cell fait référence aux vrais premiers méchants que Gokû a affronté (parce que bon Pilaf….): l’armée du Ruban Rouge. Cell est donc la création parfaite du Dr. Gero, qui faisait partie de cette armée.

Mais vu que la perfection, bah ça prend longtemps à se perfectionner, ce n’est pas le Cell de leur timeline que Gokû et ses amis affrontent. Ils affrontent le Cell d’une timeline parallèle à celle de Trunks, qu’il a tué afin de s’emparer de sa machine temporelle. Cell fait donc référence au passé de Gokû, et à ses actes étant enfant, ce qui est fort agréable quand on sait que très peu de référence sont faites aux arcs de Gokû Enfant une fois la saga Sayajin commencée.

Mais Cell suit aussi à la la lettre l’une des règles principales de l’antagoniste final, qui veut que le dernier soit le plus puissant. Et afin de justifier le fait qu’il soit plus puissant que Freezer, Toriyama nous sort que Cell est composé des cellules de plusieurs des plus grands guerriers de la galaxie, comme Freezer, Gokû, Végéta, Piccolo, Cold… (d’où son nom, « Cell » veut dire « cellule » en anglais). Et c’est une brillante idée !!

Résultat de recherche d'images pour "gohan ssj2 manga color"

Donc, à l’inverse de Freezer, Cell fait donc un lien avec le passé de Gokû, tout d’abord afin de montrer son évolution en 30 tomes, mais aussi afin d’achever les intrigues possibles, car rien n’a été dit sur la survie ou non de membre de l’armée (mais vu qu’il s’agissait d’une organisation planétaire et que Gokû a seulement détruit la base principale, il était possible qu’il y ait des survivants)

Toriyama, en plus de mettre en place une fin de malade, s’est également assuré que cette fois, ce serait la bonne. On peut penser à la transformation de Gohan en Super Sayajin 2, montrant que pour la première fois de Dragon Ball, Gokû était distancé par quelqu’un en terme de puissance. On peut également penser à l’événement qui semblait marquer la fin de Dragon Ball, et qui dans notre esprit, allait s’enchaîner avec le mot « FIN »: la deuxième mort de Son Gokû, mort qui serait définitive et la défense de l’humanité qui revenait à Gohan. Cette fin était simplement parfaite et juste magnifique, voilà.

Résultat de recherche d'images pour "buu funny grimace"

Mais Toriyama a du continuer… Et on s’est retrouvé avec une saga Buu qui commençait bien, mais qu’au final je n’aime pas. Toriyama a joué à fond la carte du retour au sources et de l’hommage avec un nouveau Tenkaichi Budokai, des combats plus humoristiques, des designs plus enfantins (passer de Cell à Buu, coup dur x100)….

En soit la saga Buu est objectivement bonne, surtout si on considère que la deuxième partie finit par essayer de faire perdre de la puissance à l’ennemi….. Mais c’est une saga que je n’aime pas, voilà, c’est un fait je suis désolé pour ceux qui l’aime. La saga Buu est une déception pour moi. Voir le « mal absolu » faire des grimaces, non ce sera sans moi. Donc ouais, j’aurais largement préféré voir Dragon Ball s’arrêter à la saga Freezer ou à la saga Cell, quitte à perdre cette scène légendaire avec Majin Végéta…. Mais si vous voulez VRAIMENT savoir pourquoi je trouve la saga Buu ratée OK!! Je vous ferais une critique de cette saga en bonne et du forme, afin qu’on en finisse !!

Résultat de recherche d'images pour "Majin Vegeta farewell"

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s